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Devis & vente

Toiture industrielle 100-500 kWc : préparer et vendre le projet

Au-dessus de 100 kWc : appel d'offres simplifié CRE, autoconsommation, raccordement BT ou HTA à 250 kVA, structure, amiante, assurance. Le parcours pour l'installateur.

Publié le · 9 min de lecture · Rédaction Kaelo

Données d'implantation 3D (12 panneaux, orientation 277°, inclinaison 17,8°, 26,5 m²) et production mensuelle estimée

Implantation 3D et production mensuelle estimée, telles qu'elles figurent dans le rapport.

L’essentiel

  • Jusqu'à 100 kWc, le surplus comme la vente totale sont achetés 1,1 c€/kWh pour les demandes depuis le 5 juin 2026 ; de 100 à 500 kWc, l'injection passe par l'appel d'offres simplifié de la CRE, applicable depuis le 22 septembre 2025, classé au seul critère du prix, avec un complément de rémunération sur 20 ans.
  • Deuxième période de cet appel d'offres (candidatures du 20 au 31 juillet 2026) : 871 lauréats désignés en octobre 2026 pour 288,31 MWc, prix moyen 75,48 €/MWh, sous un plafond de 95 €/MWh (photovoltaique.info, 15/10/2026).
  • Le raccordement change à 250 kVA : basse tension triphasée et attestation Consuel en dessous, poste de livraison privé HTA et rapport d'un organisme d'inspection au-dessus (art. D. 342-19 du code de l'énergie) ; au-delà de 36 kVA, Enedis remet une PTF sous 3 mois.
  • Avant tout devis : note de calcul de la charpente par un bureau d'études, repérage amiante sur les couvertures en fibrociment, et accord écrit de l'assureur du bâtiment.
  • La rentabilité d'une toiture industrielle tient à la part consommée sur place : le profil horaire du site se mesure avant de choisir la puissance.

Une toiture industrielle de plusieurs milliers de mètres carrés porte sans difficulté 100 à 500 kWc. À cette échelle, trois seuils structurent le dossier : 100 kWc, au-delà duquel l'injection ne relève plus du tarif d'achat mais de l'appel d'offres simplifié de la CRE ; 36 kVA, au-delà duquel le raccordement Enedis passe par une proposition technique et financière ; et 250 kVA, qui fait basculer du branchement basse tension au poste de livraison HTA et du Consuel au rapport d'un organisme d'inspection. Cet article suit le dossier dans l'ordre où un installateur le construit : le bâtiment, la consommation, la valorisation, le raccordement, les pièces.

Le bâtiment d'abord : structure, couverture, amiante

La charpente

Une toiture industrielle en bac acier ou en fibrociment n'a pas été calculée pour porter des modules. Avant tout chiffrage, faites établir une note de calcul de la structure existante par un bureau d'études, avec les charges de neige et de vent du site et le poids réel du système de fixation retenu. Sur un bâtiment ancien, c'est cette note qui décide de la puissance posable, pas la surface de toit.

La couverture

L'âge et l'état de la couverture comptent autant que la charpente : poser vingt ans de production sur un bac acier en fin de vie revient à programmer une dépose-repose. Sur un toit plat, le lestage et les zones de rive se calculent dans l'outil du fabricant du système ; la logique est décrite dans Ombrage inter-rangées sur toit plat : calcul de l'entraxe.

L'amiante

Beaucoup de bâtiments industriels construits avant 1997 sont couverts en fibrociment amianté. Le repérage avant travaux et la sous-section applicable conditionnent le chantier, voire l'interdisent sous la forme prévue. Le détail est dans Amiante et fibrociment : poser du PV sans faute. Un dossier de 300 kWc sur fibrociment est d'abord un dossier de couverture.

La consommation ensuite : c'est elle qui fixe la puissance

Pour les demandes complètes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026, l'électricité injectée par une installation de 0 à 100 kWc est achetée 1,1 c€/kWh, en surplus comme en vente totale, indexée de 2 % par an sur 20 ans, sans prime (photovoltaique.info, 17/06/2026). Au-dessus de 100 kWc, l'injection n'a de valeur que si le projet est lauréat de l'appel d'offres simplifié, au prix qu'il a proposé. Dans les deux cas, le kWh qui rapporte est celui que le site consomme au lieu de l'acheter.

Le travail d'étude commence donc par la courbe de charge du bâtiment : puissance souscrite, consommation mensuelle, profil horaire les jours ouvrés et les week-ends, arrêts d'été. La méthode, de la facture aux données Linky ou de comptage, est dans Consommation client : factures, Linky et courbe de charge. Un atelier actif du lundi au vendredi en journée consomme la production ; un site fermé trois semaines en août injecte sa meilleure production.

Quand d'autres bâtiments ou d'autres entreprises du même site peuvent consommer la production, l'autoconsommation collective élargit le périmètre : par défaut 2 km entre les participants les plus éloignés et moins de 5 MW cumulés, avec des extensions sur dérogation. Le cadre est dans Autoconsommation collective : le cadre 2026 pour l'installateur.

Indicateurs du rapport financier : puissance, production P50, TRI, VAN, temps de retour, taux d'autoconsommation et d'autoproduction
Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.

Valoriser l'injection au-dessus de 100 kWc : l'appel d'offres simplifié

L'appel d'offres simplifié de la CRE s'applique en France métropolitaine continentale depuis le 22 septembre 2025 aux installations de 100 à 500 kWc sur bâtiment, ombrière ou au sol, en vente totale comme en surplus (autoconsommation individuelle ou collective). Le soutien est un contrat de complément de rémunération sur 20 ans. Les points que l'installateur doit connaître, d'après photovoltaique.info (23/06/2026 et 15/10/2026) :

PointRègle
PuissanceP de 100 à 500 kWc ; P+Q sur le site inférieure à 500 kWc
Critère de classementLe prix seul ; en cas d'égalité, l'horodatage du dépôt
Prix plafond95 €/MWh pour les deux premières périodes
InstallateurQualification ou certification professionnelle, comme pour l'arrêté tarifaire
ModulesBilan carbone ≤ 740 kg CO2eq/kWc, évalué par un organisme accrédité
PiècesAutorisation d'urbanisme obtenue, attestation de garanties financières, engagement de n'avoir pas déposé de demande de raccordement pour la même installation dans les 18 mois précédents
DépôtDossier numérique sur le site de la CRE ; la CRE transmet sa liste au ministre sous 5 semaines

Les deux premières périodes donnent la mesure du marché : la première (22 septembre au 2 octobre 2025) a retenu 157 lauréats pour 43,54 MWc au prix moyen de 88,73 €/MWh, sur 192 MWc appelés ; la deuxième (20 au 31 juillet 2026) a reçu 2 952 dossiers pour 963,20 MWc et retenu 871 lauréats pour 288,31 MWc au prix moyen de 75,48 €/MWh, sur 288 MWc appelés. Le calendrier au-delà de la deuxième période n'est pas connu au 23 juin 2026.

Deux conséquences pour la vente. D'abord, le prix lauréat n'est pas un tarif garanti d'avance : le client candidate à un prix et peut ne pas être retenu, ce que le devis et le planning doivent prévoir. Ensuite, la deuxième période a été très sursouscrite : un projet dont la rentabilité dépend de l'injection porte un risque que l'autoconsommation ne porte pas. Pour un site qui consomme l'essentiel de sa production, la question se pose souvent autrement : injecter sans contrat le faible surplus, ou le réduire par le dimensionnement.

Le raccordement : 36 kVA puis 250 kVA

Au-delà de 36 kVA de puissance de raccordement, la demande relève de la procédure Enedis dédiée aux installations de production supérieures à 36 kVA (Enedis-NMO-RES_030E) : devis de raccordement sous 3 mois au maximum, 3 mois pour accepter l'offre, convention de raccordement 5 mois après l'acceptation quand une convention directe n'est pas possible, puis CARD-I si une partie de la production est injectée, ou convention d'exploitation sans injection si tout est consommé sur le site (photovoltaique.info, 06/01/2026). Le détail des étapes, de l'acompte au contrôle de performance, est dans Raccordement photovoltaïque 36-100 kWc : PTF, coûts, délais ; il vaut jusqu'à 250 kVA.

À 250 kVA, tout change de nature :

Jusqu'à 250 kVAAu-delà de 250 kVA
Domaine de tensionBasse tension triphaséeHTA, jusqu'à 12 MW (17 MW sur dérogation)
Poste HTA/BTPoste public, géré par le gestionnaire de réseauPoste de livraison privé, géré par le producteur ou l'hébergeur
Protection de découplageIntégrée aux onduleursExterne, dans le poste de livraison
NormesNF C 15-100 et guide UTE C 15-712-1S'ajoutent NF C 13-100, NF C 13-200, UTE C 15-400
Contrôle de conformitéAttestation Consuel (art. D. 342-19)Rapport d'un organisme d'inspection joint au formulaire Consuel
Quote-part S3REnRNon dueDue, selon la puissance de raccordement

Sources : photovoltaique.info, seuils techniques et réglementaires (08/01/2026) et installations > 250 kVA (10/02/2026) ; code de l'énergie, art. D. 342-19 ; Consuel, formulaire SC 112.

Pour une toiture de 250 à 500 kWc, le poste de livraison, le comptage HTA et l'étude de raccordement pèsent sur le planning et sur le coût. Aucun montant ne peut être annoncé avant la PTF d'Enedis : le devis le dit, et il prévoit ce qu'il advient du marché si la contribution dépasse une enveloppe convenue. Le choix de la puissance de raccordement, qui n'est pas la puissance crête, se fait avec le client : rester sous 250 kVA, par bridage des onduleurs si nécessaire, évite le poste privé et la quote-part.

Les autres pièces du dossier

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Méthode et sources

Les règles de l'appel d'offres simplifié et ses résultats viennent des pages de photovoltaique.info (Hespul) mises à jour les 23 juin et 15 octobre 2026 ; le tarif ≤ 100 kWc de la page tarifaire mise à jour le 17 juin 2026 ; les seuils de raccordement des pages photovoltaique.info des 6 et 8 janvier et du 10 février 2026 ; l'obligation d'attestation de conformité de l'article D. 342-19 du code de l'énergie (copie codes.droit.org du 23 octobre 2026) et du formulaire SC 112 du Consuel. Cet article ne donne aucun prix d'installation au Wc, aucun coût de raccordement ni aucun temps de retour : ces valeurs dépendent du site, de la PTF et du prix lauréat. Il ne couvre pas les installations de plus de 500 kWc ni les centrales au sol.

Ce qu'il faut retenir

  • Bâtiment d'abord : note de calcul de charpente, état de la couverture, repérage amiante, accord de l'assureur.
  • La puissance se dimensionne sur la consommation du site, mesurée sur sa courbe de charge, pas sur la surface de toit.
  • Jusqu'à 100 kWc : 1,1 c€/kWh depuis le 5 juin 2026 ; de 100 à 500 kWc : appel d'offres simplifié, prix seul, complément de rémunération 20 ans, plafond 95 €/MWh, deuxième période à 75,48 €/MWh en moyenne et très sursouscrite.
  • Raccordement : PTF Enedis au-delà de 36 kVA ; à 250 kVA, passage en HTA avec poste de livraison privé, rapport d'organisme d'inspection à la place du seul Consuel et quote-part S3REnR.
  • Le devis annonce les inconnues (PTF, résultat de l'appel d'offres) et prévoit leur issue plutôt que de les chiffrer à l'avance.

Du toit 3D au bon de commande, dans un seul dossier client

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Kaelo est gratuit parce que nous gagnons notre vie autrement : les particuliers simulent leur toit sur watoo.fr et demandent un devis, et ces demandes sont proposées aux installateurs équipés de Kaelo. Vos propres clients restent les vôtres : jamais revendus, jamais contactés.

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Questions fréquentes

Une installation de 150 kWc peut-elle garder un contrat d'achat sans appel d'offres ?

Non. Pour les demandes complètes de raccordement depuis le 5 juin 2026, le tarif d'achat de l'arrêté du 6 octobre 2021 modifié s'arrête à 100 kWc (puissance P+Q sur le site). De 100 à 500 kWc, l'injection, totale ou en surplus, se valorise par l'appel d'offres simplifié de la CRE, ou n'est pas rémunérée si le producteur injecte sans contrat.

Faut-il un Consuel pour une toiture de 300 kWc ?

L'article D. 342-19 du code de l'énergie impose l'attestation de conformité aux installations de production d'une puissance inférieure à 250 kVA raccordées au réseau public de distribution. Au-dessus, le formulaire du Consuel exige un rapport d'un organisme d'inspection joint à la demande, et l'installation est raccordée en HTA avec ses propres normes (NF C 13-100, NF C 13-200).

Quelle qualification pour l'installateur ?

L'appel d'offres simplifié reprend l'exigence de qualification ou certification professionnelle de l'installateur de l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021. Vérifiez que votre qualification couvre la puissance visée avant de répondre.

Le projet peut-il se passer d'injection ?

Oui. Un site qui consomme toute sa production signe avec Enedis une convention d'exploitation sans injection au lieu d'un CARD-I, et n'a pas besoin de candidater à l'appel d'offres. C'est souvent le choix d'un site industriel actif en journée toute l'année.

Sources