Une étude solaire 3D n'est pas une image de synthèse posée sur une photo aérienne. C'est une reconstruction du toit réel du client à partir d'un relevé mesuré, sur laquelle le logiciel calcule la pente et l'orientation de chaque pan, les masques proches, le calepinage des modules et la production heure par heure. Elle transforme la pré-étude à distance, autrefois fondée sur une pente supposée et un abattement d'ombrage forfaitaire, en une étude défendable avant la visite. Cette page explique d'où viennent les données, ce que l'étude produit, sa précision et ses limites, et vous donne une maison témoin publique à manipuler pour juger sur pièces.
Ce qu'est une étude solaire 3D sur le vrai toit
Trois niveaux d'étude coexistent chez les installateurs, et le mot « 3D » est employé pour les trois.
L'estimation sur orthophoto. On trace le contour du toit sur une photo aérienne, on suppose une pente (« 30 à 35 degrés, tuile mécanique »), on choisit une orientation à l'œil, on applique un abattement d'ombrage. C'est rapide, mais rien n'est mesuré ; l'écart apparaît après la visite, quand le devis doit être revu à la baisse.
La modélisation assistée sur imagerie. Le logiciel aide à dessiner des pans et à leur affecter une pente, parfois estimée depuis les ombres portées de la photo. La géométrie est cohérente, mais elle reste dessinée, et les masques des bâtiments voisins et des arbres sont saisis à la main.
La reconstruction depuis un relevé mesuré. Le toit est reconstruit depuis un nuage de points, en France celui du programme LiDAR HD de l'IGN. Pente, azimut, surface de chaque pan, hauteur au faîtage, obstacles en toiture et masques proches sont mesurés. Le calepinage et la production se calculent sur cette géométrie. C'est de ce troisième niveau que parle cette page.
Les données d'entrée : LiDAR HD, orthophoto, PVGIS
Une étude 3D sérieuse croise trois sources publiques, et dit lesquelles.
| Source | Ce qu'elle apporte | Caractéristiques |
|---|---|---|
| LiDAR HD de l'IGN | Relief : pente, azimut, hauteurs, obstacles, masques proches | Nuage de points classé (sol, végétation basse, moyenne et haute, bâtiment, eau, etc.), au moins 10 impulsions/m², précision altimétrique ≤ 10 cm, dalles de 1 km, licence ouverte Etalab 2.0 (IGN, data.gouv.fr) |
| Orthophoto IGN | Emprise, matériau apparent, état de surface, velux et cheminées, fraîcheur souvent supérieure au LiDAR | Pas de relief exploitable : ni pente ni hauteur |
| PVGIS (JRC) | Irradiation horaire et mensuelle, horizon lointain, production pour une inclinaison et un azimut donnés | Base satellite SARAH, pertes système par défaut 14 %, variabilité interannuelle (JRC) |
Le programme LiDAR HD vise la couverture de toute la métropole et des DROM, hors Guyane, d'ici fin 2026 ; les acquisitions s'étalent de 2021 à 2026 selon les blocs. Les données sont diffusées sous licence ouverte, utilisables commercialement à condition de mentionner la source « IGN – Programme LiDAR HD ». Notre article sur l'étude solaire 3D depuis le LiDAR HD détaille le programme, la classification et la chaîne de traitement.

Ce que l'étude produit
Depuis la classe « bâtiment » du nuage de points, le logiciel segmente les pans de toit par plans, puis calcule pour chacun ce qui suit.
La géométrie. Pente en degrés, azimut par rapport au sud, surface projetée et surface réelle, hauteur au faîtage et à l'égout. Sur un pavillon de 100 m² au sol, un toit à deux pans représente plusieurs milliers de points, assez pour distinguer une cheminée, un chien-assis, un velux ou un conduit de quelques dizaines de centimètres.
Les masques proches. Les classes « végétation haute » et « bâtiment » des parcelles voisines donnent le profil d'horizon vu depuis chaque pan : l'arbre de 12 m à 8 m du pan sud, le pignon du voisin au sud-ouest. Ce profil se distingue de l'horizon lointain (relief), que PVGIS prend en compte depuis un modèle de terrain.
Le calepinage. Nombre de modules par pan, orientation portrait ou paysage, marges de rive et de faîtage, contournement des obstacles, chaînes homogènes en orientation et en ombrage. Les règles sont dans notre article sur le calepinage photovoltaïque.
La production. L'irradiation PVGIS est appliquée à la géométrie mesurée, module par module, heure par heure, avec le masque proche calculé plutôt qu'un abattement forfaitaire. Le résultat est une production annuelle, un profil mensuel, un productible en kWh par kWc et des pertes détaillées (ombrage, température, câblage, onduleur, salissure, vieillissement).
L'autoconsommation. Croisée avec un profil de consommation du foyer (présence en journée ou non, ballon d'eau chaude, chauffage, véhicule électrique), la production horaire donne un taux d'autoconsommation et un taux d'autoproduction avec leur méthode. C'est le chiffre qui décide de la rentabilité depuis que le surplus est acheté 1,1 c€/kWh HT et que la prime à l'investissement a disparu pour les demandes de raccordement postérieures au 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026).
Les documents. Trois rapports pour trois lecteurs, issus de la même étude : le rapport client, court et sans jargon ; le rapport technique pour le poseur et le Consuel (géométrie, calepinage, chaînes, onduleur, pertes, nomenclature) ; le rapport financier pour la décision et la banque (flux sur 25 ans, scénarios, batterie). Ce que chacun doit contenir est dans notre article sur le rapport d'étude solaire.

Précision et limites
La précision du relevé est bonne ; les incertitudes viennent de ce que le relevé ne voit pas. Quatre limites reviennent en pratique, et un rapport honnête les écrit.
La date du relevé. Une maison construite ou agrandie après le vol n'existe pas dans le nuage. Une surélévation, une véranda ou un carport récents n'y sont pas. Vérifiez la date d'acquisition de la dalle et confrontez-la à l'orthophoto la plus récente et à la déclaration du client. Un écart entre LiDAR et orthophoto signale une modification récente et doit déclencher une question avant tout chiffrage.
La végétation. Les vols ont lieu à différentes saisons. Un arbre relevé en feuilles donne un masque supérieur à son masque hivernal, et inversement. La classification est fiable pour la présence de l'arbre, moins pour sa densité. Cette incertitude est acceptable pour une pré-étude, à condition d'être annoncée.
Les zones d'ombre du capteur. Le laser voit d'en haut. Sous un débord de toit important, un balcon ou une pergola, les points sont absents ou mal classés. Les toits très sombres ou en verre renvoient moins d'impulsions. Sur les toits-terrasses, les équipements bas peuvent se confondre avec le plan de toiture.
La couverture. Certaines dalles ne sont pas encore publiées. Sur ces zones, on retombe sur le RGE ALTI, dont la résolution ne permet pas de segmenter des pans individuels ; la pente et les masques doivent alors être relevés sur site.
Côté production, la variabilité interannuelle de l'irradiation impose de présenter une plage plutôt qu'une valeur unique, et la dégradation des modules s'applique aux années suivantes au lieu de répéter l'année 1 sur 25 ans. Rien n'est garanti hors le matériel : production, aides, prix de l'électricité et temps de retour sont des scénarios, dits comme tels.

Ce que la visite technique doit encore vérifier
L'étude 3D ne supprime pas la visite ; elle en change l'objet. La visite ne sert plus à mesurer le toit. Elle vérifie ce que le modèle ne voit pas :
- le support de couverture, l'état des liteaux et des chevrons, la présence d'un écran de sous-toiture ;
- le tableau électrique et sa capacité, la distance au compteur, le cheminement des câbles ;
- les conditions d'accès, la place pour la nacelle, la sécurité ;
- la fraîcheur du relevé : extension, arbre abattu ou planté, velux ajouté.
Une liste de contrôle courte, remplie sur place, remplace le relevé complet. Le temps passé sur site diminue, et le nombre de visites « pour rien » aussi, puisque le client a vu un chiffrage réaliste avant. L'étude permet aussi d'écarter tôt les dossiers non viables (pan nord seul, surface insuffisante, masque d'un immeuble voisin) avec une image et un profil de masque, mieux acceptés qu'un refus sans preuve.

Les critères de choix d'un outil d'étude 3D
- La géométrie est-elle mesurée ou dessinée ? Demandez la source, sa densité et sa date.
- Les masques proches sont-ils calculés ? Depuis les bâtiments et la végétation voisins, pas saisis à la main ni appliqués en pourcentage.
- La production cite-t-elle sa base ? PVGIS, base, pertes retenues, date de simulation.
- Le calcul est-il horaire ? L'autoconsommation ne se calcule pas sur des moyennes mensuelles.
- Le profil de consommation du foyer est-il paramétrable ? Usages, présence, pilotage du ballon, véhicule.
- Le calepinage suit-il la géométrie ? Marges, obstacles, chaînes homogènes, et enchaîne-t-il sur la nomenclature et le devis ?
- Les rapports sont-ils cohérents entre eux et partageables ? Un client qui compare trois documents contradictoires ne signe pas.
- Le client peut-il voir sa maison ? Une vue 3D partageable est un argument de vente et une preuve de sérieux.
Relevé manuel, outil gratuit, simulateur généraliste, logiciel métier
| Approche | Ce qu'elle fait bien | Où elle casse | Coût réel |
|---|---|---|---|
| Orthophoto + pente supposée + tableur | Rapide, sans abonnement | Rien n'est mesuré ; devis revu après la visite ; masques forfaitaires ; aucun profil horaire | La visite pour chaque prospect, y compris ceux qui ne signeront pas |
| Outil de conception gratuit sur imagerie | Calepinage propre sur image satellite, proposition rapide | Pente et masques saisis à la main ; financé par des partenaires ou lié à une marque ; pas de démarches françaises | Gratuit, plus un second outil pour le devis et l'administratif |
| Simulateur généraliste (PVGIS en ligne, outils de simulation fine) | Production sourcée ; pour les logiciels de simulation, pertes très détaillées et rapports reconnus des financeurs | Géométrie à saisir ; pas de devis ni de démarches ; licence annuelle et courbe d'apprentissage pour les outils fins | Gratuit pour PVGIS ; plusieurs centaines d'euros par an pour une licence de simulation |
| Logiciel métier avec reconstruction LiDAR | Toit mesuré, masques calculés, calepinage, production PVGIS horaire, rapports, puis nomenclature et devis dans le même dossier | Ne remplace pas la visite ni un simulateur de centrale ; dépend de la couverture LiDAR ; demande un PC | 39 € HT par utilisateur et par mois chez Kaelo |
Le comparatif détaillé de huit outils, avec leurs prix publics, est dans notre article logiciel installateur photovoltaïque : comparatif 2026.
La maison témoin : manipulez l'étude vous-même
Plutôt qu'une capture d'écran, voici une vraie maison de Saucats, en Gironde : 12 panneaux, 6 kWc. Les documents sont ceux que le client et l'installateur voient, sans retouche.
- La vue 3D partagée, celle que le particulier envoie à ses proches : le toit reconstruit et les 12 panneaux posés.
- Le rapport client : la maison, les panneaux, les économies ; l'en-tête annonce 33 768 € de gains sur 25 ans et un retour en 9 ans, avec ses hypothèses.
- Le rapport technique : le toit mesuré, le calepinage, les chaînes et l'onduleur, les pertes détaillées, la nomenclature.
- Le rapport financier : autoconsommation, revente, aides, temps de retour, scénario avec ou sans batterie ; l'en-tête affiche un TRI de 12,1 %, la VAN et le LCOE.
Regardez en particulier trois choses : la source et la date de la géométrie, la méthode du taux d'autoconsommation, et la manière dont les aides et le tarif d'achat sont datés. C'est ce qui rend un rapport opposable.
Comment Kaelo produit l'étude 3D et ses rapports
Kaelo est édité par WATOO, à Bordeaux. Le périmètre de l'étude est décrit sur la page fonctionnalités.
Une seule saisie, l'adresse. Le toit du client est reconstruit depuis le LiDAR HD de l'IGN. Le calepinage est automatique pan par pan, l'orientation et l'inclinaison sont mesurées, l'ombrage, les pertes, la production annuelle et le profil de consommation du foyer sont calculés dans la même étude. L'étude est prête en quelques minutes, sur PC.
Trois rapports depuis la même étude. Rapport client sans jargon, rapport technique (chaînes, onduleur, pertes, nomenclature) et rapport financier sur 25 ans, avec ou sans batterie. Ils partagent les mêmes hypothèses et les mêmes chiffres ; seule la profondeur change.
La suite du dossier. La nomenclature matériel est calculée depuis l'étude et le catalogue, avec vos prix d'achat et de vente ; le devis se fait à vos prix depuis cette nomenclature, avec la TVA adaptée et la signature électronique ; la déclaration préalable (Cerfa 16702) et les attestations Consuel sont pré-remplies depuis le dossier et l'étude.
Sur votre site. Le simulateur s'intègre sur votre propre site en une balise : vos visiteurs simulent leur toit, vous recevez la demande. Les demandes de devis des particuliers de watoo.fr arrivent dans la même liste, département par département, sans aucun volume garanti.
Ce que Kaelo ne fait pas. Il ne remplace pas la visite technique ni un logiciel de simulation de centrale ; au-delà de la maison et du petit tertiaire, les outils de simulation fine restent adaptés. L'étude se fait sur PC ; le téléphone sert à consulter les dossiers, prendre les photos de chantier et signer.
Offre Solaire à 39 € HT par utilisateur et par mois, sans engagement, 30 jours d'essai avec accès complet et sans carte bancaire ; détail sur la page tarifs.
Pour aller plus loin
- Étude solaire 3D depuis le LiDAR HD IGN : guide installateur, le programme, la chaîne de traitement, les limites et les mentions à porter au rapport.
- Calepinage photovoltaïque : règles pratiques, zones de vent, marges, portrait ou paysage, chaînes homogènes.
- Rapport d'étude solaire client : contenu attendu, hypothèses, PVGIS, autoconsommation, ce qu'il ne doit pas promettre.
- Taux de conversion des devis photovoltaïques, ce que change une étude crédible avant la visite.
- Comparatif 2026 des logiciels installateur.
Du toit 3D au bon de commande, dans un seul dossier client
Kaelo reconstruit le toit depuis le LiDAR HD de l’IGN, produit les rapports, le devis signable, le Cerfa et le Consuel pré-remplis, le planning et la facturation. Essai 30 jours, sans carte bancaire.
Créer mon compte Voir les fonctionnalitésQuestions fréquentes
Une étude 3D remplace-t-elle la visite technique ?
Non. Elle donne la géométrie extérieure du toit, les masques et la production ; elle ne voit ni la charpente, ni le support de couverture, ni le tableau électrique, ni le cheminement des câbles. La visite reste nécessaire, mais elle change d'objet : elle vérifie ce que le modèle ne voit pas, au lieu de mesurer le toit.
Quelle précision attendre d'un toit reconstruit depuis le LiDAR HD ?
L'IGN annonce une densité d'au moins 10 impulsions par m² et une précision altimétrique de 10 cm ou mieux. Sur un pan de quelques centaines de points, la pente se mesure au degré près. Les incertitudes viennent d'ailleurs : la date du relevé (2021 à 2026 selon la zone), la végétation saisonnière, les zones cachées sous les débords de toit.
D'où vient la production annoncée ?
D'une base d'irradiation publique, PVGIS du Centre commun de recherche européen (base satellite SARAH), croisée avec la géométrie mesurée du toit, les masques proches calculés depuis le LiDAR et les pertes système. Un rapport sérieux cite cette base, la valeur de pertes retenue et la date de simulation ; un chiffre sans méthode ne se défend pas.
Puis-je faire manipuler l'étude par le client ?
Kaelo produit une vue 3D partageable que le particulier envoie à ses proches, et trois rapports publics par lien. La maison témoin de Saucats, en Gironde, est ouverte à tous : 12 panneaux, 6 kWc, vue 3D et rapports client, technique et financier, sans retouche.
Sources
- IGN – Programme LiDAR HD : vers une nouvelle cartographie 3D du territoire
- data.gouv.fr – Nuages de points LiDAR HD (densité, classification, licence)
- cartes.gouv.fr – Modèles numériques issus du LiDAR HD
- JRC – PVGIS, sources de données et méthodes de calcul
- JRC – PVGIS, manuel utilisateur (ombrage, inclinaison, orientation)
- Légifrance – Arrêté du 1er juin 2026 (tarif d'achat photovoltaïque)
- Kaelo – Maison témoin de Saucats (vue 3D partagée)
- Kaelo – Fonctionnalités
