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Surplus à 1,1 c€/kWh : l'argumentaire honnête de l'installateur
Vendre du PV résidentiel avec un surplus à 1,1 c€/kWh : kWh autoconsommé au TRVE 2026, taux d'autoconsommation sourcé, dimensionnement, pilotage, erreurs.

Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.
L’essentiel
- Depuis le 1er août 2026, le kWh du Tarif Bleu option Base 6 kVA vaut 20,01 c€ TTC ; le kWh injecté est payé 1,1 c€ HT : un kWh autoconsommé vaut dix-huit fois un kWh vendu.
- Sans pilotage ni batterie, le taux d'autoconsommation d'une maison se situe le plus souvent entre 20 et 40 % selon l'ADEME ; la CRE relève que 69 % des installations de 0 à 9 kWc sont entre 30 et 65 %. Un taux de 70 % sans pilotage dans une étude est une invention.
- À ce tarif, chaque kWc au-delà du besoin diurne dégrade le temps de retour : le bon projet est plus petit qu'avant, calé sur la courbe de charge, et le pilotage de l'eau chaude et de la recharge est le premier levier.
- Le pilotage n'est pas un argument commercial mais une condition du taux de TVA à 5,5 % : le système gestionnaire d'énergie doit piloter au moins deux usages.
- Les formulations qui exposent l'installateur : production ou rendement « garanti », aides « garanties », tarif d'achat « garanti » avant la demande complète de raccordement, économies calculées sur un prix du kWh non sourcé.
Avec un surplus payé 1,1 c€/kWh et plus aucune prime, le photovoltaïque résidentiel ne se vend plus comme en 2024. Il se vend pourtant, parce que le kWh que le client ne paie plus à son fournisseur vaut dix-huit fois le kWh qu'il vendrait. Encore faut-il le démontrer avec des chiffres sourcés et un dimensionnement cohérent, sans les promesses qui finissent devant un médiateur. Cet article donne l'argumentaire économique tel qu'il peut être écrit dans une étude à la date du 25 septembre 2026, les chiffres qu'il faut citer, et les formulations qui exposent l'installateur.
Les deux prix qui font tout le raisonnement
| Prix | Valeur | Source |
|---|---|---|
| kWh injecté, demande complète de raccordement depuis le 5 juin 2026 | 1,1 c€/kWh HT, indexé 2 % par an, plafond 1 600 kWh/kWc/an | Arrêté du 1er juin 2026 |
| kWh acheté, Tarif Bleu option Base 6 kVA au 1er février 2026 | 19,40 c€ TTC | CRE, délibération du 14 janvier 2026 |
| kWh acheté, même option, depuis le 1er août 2026 | 20,01 c€ TTC (hausse moyenne de 2,5 % TTC, +5,98 € TTC/MWh) | CRE, mouvement du 1er août 2026 |
Le rapport est de 18 entre le kWh autoconsommé et le kWh injecté. C'est le seul chiffre que le client doit retenir, et il est plus convaincant qu'une prime : un kWh produit à midi et consommé par le ballon d'eau chaude vaut 20 c€ ; le même kWh injecté vaut 1,1 c€. Le TRVE bouge deux fois par an, en février et en août ; l'étude cite la date de la grille utilisée. Hors tarif réglementé, c'est le prix du kWh du contrat du client, lu sur sa facture, qui s'applique.
Le taux d'autoconsommation : ce qui est sourcé
Le taux d'autoconsommation est la part de la production consommée sur place ; le taux d'autoproduction est la part de la consommation couverte par la production. Les deux sont souvent confondus dans les études, et la confusion avantage toujours le vendeur.
| Situation | Ordre de grandeur | Source |
|---|---|---|
| Maison sans pilotage ni batterie | 20 à 40 % | ADEME, avis de janvier 2025, cité par energie-info.fr |
| Parc réel 0-9 kWc | 69 % des installations entre 30 et 65 % | CRE, délibération 2025-69, citée par energie-info.fr |
| Exemple photovoltaique.info, 1 kWc à Nantes pour 2 500 kWh/an | 38,3 % | photovoltaique.info |
| Avec pilotage de l'eau chaude et de la recharge, ou batterie | Plus élevé, à calculer sur le profil | ADEME : déplacer les usages « pendant les heures d'ensoleillement » |
Plus l'installation est petite par rapport à la consommation, plus le taux est élevé ; un taux au-dessus de 50 % sans pilotage ni batterie doit être démontré sur la courbe de charge, pas affirmé. photovoltaique.info renvoie à des outils de calcul horaire sur données Linky ou profils reconstitués ; c'est ce niveau de calcul qu'une étude doit contenir (voir rapport d'étude solaire).
L'arithmétique d'un projet, écrite honnêtement
Prenons une maison consommant 4 500 kWh par an au Tarif Bleu Base, avec une production de 1 100 kWh par kWc (hypothèse à remplacer par le calcul du site) et un surplus payé 1,1 c€/kWh.
| Puissance | Production | Taux d'autoconsommation retenu | kWh autoconsommés | Économie à 20,01 c€ | kWh injectés | Revenu à 1,1 c€ |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 kWc | 3 300 kWh | 45 % (ballon piloté) | 1 485 | 297 € | 1 815 | 20 € |
| 6 kWc | 6 600 kWh | 30 % | 1 980 | 396 € | 4 620 | 51 € |
| 9 kWc | 9 900 kWh | 22 % | 2 178 | 436 € | 7 722 | 85 € |
Les taux de la troisième colonne sont des hypothèses illustratives cohérentes avec les fourchettes ci-dessus, pas des valeurs à réutiliser : sur un site donné, seul le calcul horaire est opposable. Ce que le tableau montre, en revanche, est structurel : tripler la puissance de 3 à 9 kWc augmente l'économie de moins de 50 % et le coût d'environ trois fois. La revente, elle, reste sous 100 € par an dans tous les cas. Le projet le plus rentable est le plus petit, celui qui absorbe la production dans la consommation diurne, et le temps de retour se calcule sur l'économie, l'évolution supposée du prix de l'électricité (datée et sourcée), et le coût de l'installation TVA comprise.

Pourquoi le dimensionnement doit baisser
Sous l'ancien régime, chaque kWc supplémentaire rapportait une prime et un surplus à 4 c€ (voir prime à l'autoconsommation 2026) : surdimensionner coûtait peu. À 1,1 c€/kWh, le kWc de trop produit des kWh à 1,1 c€ et consomme du capital. La CRE l'écrit dans son avis du 29 avril 2026 : le tarif ne permet plus « à des installations avec un très faible taux d'autoconsommation » de trouver une rentabilité.
La méthode change donc d'entrée : on part de la courbe de charge (Linky, ou profil reconstitué), on y superpose la production horaire, et on cherche la puissance au-delà de laquelle le kWh marginal part au réseau. Le toit disponible est une contrainte, plus une cible. Pour un foyer absent en journée sans usage pilotable, la réponse est souvent 2,5 à 3,5 kWc ; avec un ballon et une voiture électrique rechargée le jour, elle monte.
Le pilotage : levier économique et condition fiscale
Le pilotage des usages est le seul moyen d'augmenter le taux d'autoconsommation sans acheter de batterie. L'ADEME cite « la charge d'un véhicule électrique, la climatisation ou encore la production et le stockage d'eau chaude sanitaire ». Concrètement : un routeur qui déclenche le ballon sur le surplus, une borne dont la puissance suit la production, une PAC dont la consigne d'eau chaude est relevée aux heures solaires.
Ce n'est pas seulement un argument : l'arrêté du 8 septembre 2025 exige, pour la TVA à 5,5 %, un système gestionnaire d'énergie qui pilote de façon continue au moins deux usages électriques et synchronise la consommation avec la production. Un devis ≤ 9 kWc sans gestionnaire d'énergie est à 20 % de TVA, ce qui coûte plus que le gestionnaire. La ligne « pilotage » du devis est donc à la fois le premier levier de rentabilité et la condition du taux réduit ; les conditions complètes sont dans notre article sur la TVA 5,5 %.
La batterie augmente le taux d'autoconsommation, mais energie-info rappelle qu'elle reste « compliquée à amortir économiquement » : elle se chiffre au cas par cas et se contractualise à part pour ne pas faire basculer la TVA de l'installation.

Les erreurs d'argumentaire qui exposent l'installateur
| Formulation | Problème | Ce qu'il faut écrire |
|---|---|---|
| « Production garantie de X kWh/an » ou « rendement garanti » | Engagement de résultat sur une grandeur météorologique ; une garantie de performance est un contrat, avec ses conditions et son assureur | « Production estimée de X kWh/an, calcul du [date] sur les données [source], incertitude de ± Y % » |
| « Aides garanties », « TVA 5,5 % garantie » | Le tarif d'achat dépend de la date de la demande complète de raccordement ; la TVA dépend de conditions à la facture | « Sous réserve de la réglementation en vigueur à la date de la demande complète de raccordement » ; pour la TVA, la mention des conditions remplies |
| « Revente à 1,1 c€ garantie 20 ans » avant la demande complète | Le régime n'est figé qu'à la demande complète, et le contrat est signé par le client avec EDF OA | « Tarif applicable aux demandes complètes déposées depuis le 5 juin 2026 » |
| Taux d'autoconsommation de 70 % sans pilotage | Hors des fourchettes sourcées ; l'étude sera contredite par la première facture | Le taux calculé sur le profil, avec le pilotage prévu, et sa fourchette |
| Économies calculées à 25 ou 30 c€/kWh « pour anticiper les hausses » | Prix non sourcé ; l'évolution future est une hypothèse à afficher séparément | Prix du contrat du client à la date de l'étude, puis un scénario d'évolution daté et présenté comme tel |
| Prime déduite du prix, aide « versée par l'installateur » | La prime n'existe plus ; une aide ne se déduit jamais d'un devis | Aucune déduction ; voir mentions obligatoires du devis |
Ce que l'étude doit montrer, page par page
- Les données d'entrée : consommation annuelle et, si possible, courbe de charge ; prix du kWh du contrat du client, daté ; production horaire calculée sur le site.
- Le dimensionnement : la puissance retenue et pourquoi, avec la courbe de la part autoconsommée en fonction de la puissance.
- Le pilotage : usages pilotés, gain de taux d'autoconsommation attendu, et mention que le gestionnaire d'énergie conditionne la TVA à 5,5 %.
- Le bilan annuel en trois lignes : économie (kWh autoconsommés × prix du contrat), revente (kWh injectés × 1,1 c€, +2 %/an), aucune prime.
- Le temps de retour avec un scénario d'évolution du prix de l'électricité présenté comme une hypothèse, et une variante à prix constant.
- Le régime réglementaire : date prévue de la demande complète de raccordement, 18 mois pour mettre en service, tarif sous réserve.
Un simulateur qui affiche encore une prime ou un surplus à 4 c€ est faux pour toute demande complète postérieure au 5 juin 2026 ; les outils sérieux, Kaelo compris, lisent la grille à la date de simulation. Le profil du client et le pilotage promis restent votre travail, et c'est lui qui fait signer (voir taux de conversion des devis).
Ce qu'il faut retenir
- Un kWh autoconsommé vaut 20,01 c€ TTC au Tarif Bleu Base depuis le 1er août 2026, un kWh injecté 1,1 c€ : rapport de 18, c'est tout l'argumentaire.
- Taux d'autoconsommation sans pilotage ni batterie : 20 à 40 % selon l'ADEME ; toute valeur supérieure se démontre sur la courbe de charge.
- Le projet rentable est plus petit : dimensionné sur la consommation diurne, le toit n'est plus la cible.
- Le pilotage de l'eau chaude et de la recharge est le premier levier et la condition du taux de TVA à 5,5 % ; la batterie se chiffre au cas par cas et se contractualise à part.
- Aucune garantie de production, d'aide ou de tarif ; un prix du kWh sourcé et daté ; une étude qui distingue économie, revente et hypothèses.
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Comment expliquer en une phrase qu'une installation reste rentable alors que la revente ne rapporte rien ?
L'installation ne se rembourse pas par ce qu'elle vend, mais par ce que le client n'achète plus : chaque kWh produit et consommé sur place évite un kWh à 20 c€ TTC au tarif réglementé. La revente est un débouché pour le reste, pas un revenu.
Quel taux d'autoconsommation puis-je écrire dans une étude ?
Celui que donne le calcul sur le profil de consommation du client, heure par heure, avec les usages pilotés déclarés. Sans données, une fourchette sourcée (20 à 40 % sans pilotage selon l'ADEME) et la mention de son incertitude. Jamais un chiffre unique non justifié, et jamais le taux d'autoproduction à la place du taux d'autoconsommation.
Puis-je garantir au client qu'il aura la TVA à 5,5 % et le tarif à 1,1 c€ ?
Vous pouvez garantir que votre installation remplit les conditions du taux réduit à la date de la facture, puisque vous en êtes le redevable. Vous ne pouvez pas garantir un tarif d'achat, qui dépend de la réglementation à la date de la demande complète de raccordement, ni l'évolution du prix de l'électricité, qui fait l'essentiel de la rentabilité.
Sources
- CRE — Tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er février 2026 (délibération)
- CRE — Évolution de +2,5 % TTC des TRVE au 1er août 2026
- CRE — Comprendre les tarifs réglementés de vente d'électricité
- Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté du 6 octobre 2021 (Légifrance)
- CRE — Délibération n° 2026-92 du 29 avril 2026, avis sur le projet d'arrêté S21
- energie-info.fr — L'autoconsommation (fiche pratique, chiffres CRE et ADEME)
- ADEME — Avis sur l'autoconsommation individuelle d'origine photovoltaïque (janvier 2025)
- photovoltaique.info — Estimer le taux d'autoconsommation
- Arrêté du 8 septembre 2025, critères du taux réduit de TVA ≤ 9 kWc (Légifrance)