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100 à 500 kWc : l'appel d'offres simplifié « Petit PV »

Au-dessus de 100 kWc, plus de guichet ouvert : complément de rémunération sur 20 ans via l'AO Petit PV. Périodes, prix moyens (88,73 puis 75,48 €/MWh), plafond 95 €/MWh, pièces, résilience NZIA, IFER.

Publié le · 9 min de lecture · Rédaction Kaelo

Indicateurs du rapport financier : puissance, production P50, TRI, VAN, temps de retour, taux d'autoconsommation et d'autoproduction

Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.

L’essentiel

  • Depuis le 22 septembre 2025, une installation de plus de 100 kWc et jusqu'à 500 kWc n'a plus accès au guichet ouvert : elle candidate à l'appel d'offres simplifié de la CRE (« Petit PV »), avec un contrat de complément de rémunération sur 20 ans et un seul critère de sélection, le prix.
  • Première période (clôturée le 2 octobre 2025) : 291 dossiers déposés pour 82,10 MWc, 157 lauréats pour 43,54 MWc sur 192 MWc appelés, prix moyen 88,73 €/MWh. Deuxième période (dépôt du 20 au 31 juillet 2026, 288 MWc) : 2 952 dossiers pour 963,20 MWc, 871 lauréats pour 288,31 MWc, prix moyen 75,48 €/MWh (photovoltaique.info, 15/10/2026).
  • Le prix plafond est public, 95 €/MWh. Depuis la 2e période, le périmètre inclut le sol et l'agrivoltaïsme, un critère de résilience NZIA s'applique aux composants, et l'énergie rémunérée au tarif de référence est plafonnée à 1 600 heures équivalentes pleine puissance (4 c€/kWh au-delà).
  • Trois pièces administratives en plus du formulaire, bilan carbone des modules de 740 kg eqCO2/kWc au plus, et la même qualification d'installateur que pour le S21.
  • À partir de 100 kW, l'IFER s'applique : 3,588 €/kW en 2026 pour une centrale mise en service depuis 2021, sauf si le consommateur l'exploite pour son propre usage.

Au-dessus de 100 kWc, le soutien public au photovoltaïque change de nature. Il n'y a plus de tarif de guichet : le projet candidate à un appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie, propose un prix, et obtient s'il est lauréat un complément de rémunération sur vingt ans. Depuis le 22 septembre 2025, ce dispositif s'appelle l'appel d'offres simplifié « Petit PV » et couvre le segment de plus de 100 kWc jusqu'à 500 kWc. Deux périodes ont eu lieu et leurs résultats sont publics : cet article les donne, décrit les règles de la deuxième période, et liste ce qu'un installateur doit anticiper pour qu'un projet de toiture tertiaire, de hangar ou d'ombrière passe la porte.

Ce qui a changé le 22 septembre 2025

L'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 (S21) soutenait en guichet ouvert les installations sur bâtiment, hangar ou ombrière jusqu'à 500 kWc. Depuis le 22 septembre 2025, le guichet s'arrête à 100 kWc (puissance P + Q, installations voisines comprises) et l'appel d'offres simplifié prend le relais de 100 à 500 kWc (photovoltaique.info, principes et conditions d'éligibilité).

La logique est inversée : au guichet, toute installation admissible obtient le tarif ; à l'appel d'offres, « seules les installations les plus compétitives sur le plan du prix bénéficient du soutien », sous forme de contrat de complément de rémunération sur 20 ans. Le critère de sélection est unique, le prix, là où l'appel d'offres bâtiment de plus de 500 kWc en compte trois. Les pièces sont réduites à trois documents administratifs en plus du formulaire de candidature, contre sept à onze pour l'appel d'offres de plus de 500 kWc.

Rappel du reste de l'échelle, en vigueur au 25 octobre 2026 : de 0 à 100 kWc, surplus et vente totale (celle-ci au-dessus de 9 kWc) sont achetés 1,1 c€/kWh sans prime ; de 100 à 500 kWc, appel d'offres simplifié ; au-delà de 500 kWc, appels d'offres bâtiment et sol de la PPE.

Les deux premières périodes en chiffres

1re période2e période
Dépôt des offresClôture le 2 octobre 2025Du 20 au 31 juillet 2026
Volume appelé192 MWc288 MWc
Dossiers déposés291, soit 82,10 MWc2 952, soit 963,20 MWc
Lauréats157, soit 43,54 MWc871, soit 288,31 MWc
Prix moyen des lauréats88,73 €/MWh75,48 €/MWh
Prix plafond95 €/MWh, public95 €/MWh, public

Source : photovoltaique.info, page de résultats mise à jour le 15 octobre 2026, et délibérations de la CRE. La première période a été « largement sous-souscrite » : la CRE l'attribuait au court délai entre la publication du cahier des charges et la clôture. La deuxième a été plus de trois fois sursouscrite, et le prix moyen a chuté de 13 €/MWh. Parmi les 871 lauréats de la deuxième période, 640 sont sur bâtiment, 147 en ombrières, 54 au sol et 30 en typologie mixte.

Pour un installateur, le message est clair : à la deuxième période, un projet au prix plafond n'était plus lauréat. Le prix proposé est désormais la variable qui décide, et il dépend de votre coût complet, du productible réel et de la part autoconsommée.

Les règles de la deuxième période

L'avis de la CRE du 21 mai 2026 (délibération n° 2026-106) décrit le cahier des charges modificatif applicable depuis la deuxième période.

Périmètre élargi. Sont éligibles toutes les installations de puissance « strictement supérieure à 100 kWc et inférieure ou égale à 500 kWc », y compris celles qui valorisent une partie de leur production en autoconsommation individuelle ou collective. Les installations au sol et l'ensemble des installations agrivoltaïques entrent dans le périmètre, auparavant limité aux bâtiments, serres agricoles et ombrières hors agrivoltaïsme. La CRE note que certaines installations sur bâtiments ou ombrières de parking, notamment celles qui répondent à des obligations de solarisation, pourraient ne pas être assez compétitives face au sol.

Critère de résilience (NZIA). En application du règlement (UE) 2024/1735 et de ses actes d'exécution, les installations candidates « ne doivent pas avoir été assemblées dans un État tiers à l'Union européenne dominant » et au moins quatre des huit composants principaux (polysilicium, lingots, wafers, cellules, verre solaire, modules, onduleurs, trackers et structures) ne doivent pas provenir d'un tel État. La CRE souligne que les porteurs manquent encore de visibilité sur les chaînes d'approvisionnement et que ce critère peut tirer les prix à la hausse. Pour vous, cela signifie une traçabilité des composants dès la consultation des fournisseurs.

Bilan carbone. Les modules doivent présenter une évaluation carbone simplifiée inférieure ou égale à 740 kg eqCO2/kWc, réalisée par un organisme accrédité.

Plafond d'énergie rémunérée. L'énergie achetée au tarif de référence est plafonnée à 1 600 heures équivalentes pleine puissance par an dans le cas général (2 200 pour le sol avec trackers), contre 1 100 à la première période ; au-delà, le tarif est de 4 c€/kWh non indexé. Un toit bien exposé produit 1 000 à 1 400 heures équivalentes : le plafond ne mord pas, mais il doit figurer dans le calcul.

Qualification. La qualification ou certification de l'installateur est « identique à celle exigée pour l'arrêté tarifaire S21 » : QualiPV 500, Qualifelec SPV2 ou SPV3, Qualibat 5912 ou 5913 selon la puissance de raccordement, détaillées dans quelle qualification pour quelle puissance.

Ce que le complément de rémunération change pour votre client

Au guichet, le client signe un contrat d'achat avec EDF OA et reçoit un virement. En complément de rémunération, il vend son électricité sur le marché (en pratique à un agrégateur) et perçoit une prime qui comble l'écart entre son tarif de référence et un prix de marché de référence. Si le marché dépasse le tarif, il reverse l'excédent. C'est un revenu lissé sur vingt ans, mais c'est aussi une gestion : contrat d'agrégation, déclaration de production, facturation.

Pour un bâtiment tertiaire ou un entrepôt qui consomme en journée, le vrai levier reste l'autoconsommation : chaque kWh évité vaut le prix du contrat de fourniture du client, quand le kWh injecté vaut le tarif de l'appel d'offres sur la seule part injectée. Le dossier de candidature n'est utile que si le surplus est significatif. Sinon, la convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) évite la candidature, le délai et l'IFER.

Les obligations qui arrivent avec la puissance

SujetRègleSource
IFERDue à partir de 100 kW de puissance installée ; 3,588 €/kW en 2026 pour une centrale mise en service depuis le 1er janvier 2021, pendant 20 ans ; non due pour une centrale exploitée par le consommateur final pour son propre usageBOI-TFP-IFER-30, 11/03/2026
ConsuelAttestation avant mise sous tension pour toute installation de production de moins de 250 kVA raccordée au réseau de distribution et modifiant l'installation intérieure (art. D342-19)photovoltaique.info
RaccordementAu-dessus de 36 kVA : portail entreprises Enedis, proposition technique et financière, convention de raccordement et d'exploitationnotre guide 36-100 kWc, mêmes étapes jusqu'à 250 kVA
UrbanismeDéclaration préalable pour une pose sur bâtiment existant ; ombrière de 3 kWc à moins de 3 MWc en déclaration préalable hors secteur protégécarport et ombrière
Obligation de solarisationBâtiments de plus de 500 m² et parkings de plus de 1 500 m² : le projet peut être une réponse à une obligation, ce qui change l'argumentaireobligation de solarisation

À ces puissances, l'étude de structure du bâtiment par un bureau d'études et l'étude de raccordement chiffrée par Enedis précèdent tout engagement de prix : ce sont les deux postes qui font varier un projet, et aucun des deux n'est dans votre main.

Le calendrier à expliquer au client

Entre la décision et la mise en service, un projet de 100 à 500 kWc enchaîne l'étude de structure, la déclaration préalable, la demande de raccordement et sa proposition technique et financière, la candidature à la période suivante de l'appel d'offres, l'instruction par la CRE (environ un mois après la clôture pour la première période : clôture le 2 octobre, délibération le 29 octobre 2025), puis les travaux et la mise en service dans le délai fixé par le cahier des charges. La CRE a demandé « d'augmenter la fréquence des périodes de l'appel d'offres, et ce, a minima, pour l'année à venir » ; ne promettez pas de date tant que le calendrier n'est pas publié sur cre.fr.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 100 kWc : appel d'offres simplifié, complément de rémunération 20 ans, critère unique du prix, plafond public de 95 €/MWh.
  • Prix moyens des lauréats : 88,73 €/MWh (1re période), 75,48 €/MWh (2e période, trois fois sursouscrite).
  • Depuis la 2e période : sol et agrivoltaïsme éligibles, critère de résilience NZIA, plafond de 1 600 heures équivalentes pleine puissance.
  • IFER à partir de 100 kW (3,588 €/kW en 2026), sauf usage propre du consommateur.
  • Le levier économique reste l'autoconsommation ; l'appel d'offres ne sert que si le surplus est significatif.

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Méthode et sources

Les chiffres des deux périodes proviennent de la page de résultats de photovoltaique.info (Hespul) mise à jour le 15 octobre 2026 et des délibérations de la CRE du 29 octobre 2025 (instruction de la 1re période) et du 21 mai 2026 (avis sur le cahier des charges de la 2e période, dont sont tirés le périmètre, le critère de résilience, le plafond d'énergie et le prix plafond). Les dates de la 2e période viennent du livret producteurs d'EDF OA de juillet 2026. L'IFER est tirée du BOFiP du 11 mars 2026. Cet article ne détaille pas le cahier des charges complet (délais de mise en service, pénalités, garanties), qu'il faut lire sur cre.fr pour la période visée, ni les appels d'offres de plus de 500 kWc.

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Questions fréquentes

Un projet de 120 kWc sur un entrepôt qui autoconsomme 80 % doit-il passer par l'appel d'offres ?

S'il veut vendre son surplus avec un soutien public, oui : l'appel d'offres accepte les installations qui valorisent une partie de leur production en autoconsommation. L'alternative est la convention d'autoconsommation sans injection, ou la vente du surplus à un fournisseur hors soutien. Dans tous les cas, la rentabilité vient des kWh autoconsommés.

Peut-on découper un projet de 180 kWc en deux installations de 90 kWc pour rester au guichet ouvert ?

L'arrêté tarifaire additionne les puissances des installations voisines (règle du P + Q) sur un même site ou appartenant au même producteur dans certaines conditions. Un découpage artificiel expose le contrat d'achat à la résiliation. Lisez les conditions du P + Q sur photovoltaique.info avant d'envisager ce schéma.

Quand ont lieu les périodes de candidature ?

Première période close le 2 octobre 2025, deuxième du 20 au 31 juillet 2026. La CRE a recommandé d'augmenter la fréquence des périodes pour l'année à venir ; vérifiez le calendrier sur cre.fr avant de promettre une date à un client.

Le complément de rémunération, c'est quoi concrètement pour le client ?

Le producteur vend son électricité sur le marché ou à un agrégateur et reçoit une prime qui compense l'écart entre le tarif de référence obtenu à l'appel d'offres et un prix de marché de référence, pendant 20 ans. Si le marché dépasse le tarif, la prime devient négative. C'est plus de gestion qu'un contrat d'achat classique : un agrégateur est en pratique nécessaire.

Sources