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CACSI : autoconsommation sans injection, quand la choisir

CACSI, convention d'autoconsommation sans injection : conditions Enedis, dispositif de non-injection, démarche, comparaison CRAE, limites pour le particulier.

Publié le · 8 min de lecture · Rédaction Kaelo

Indicateurs du rapport financier : puissance, production P50, TRI, VAN, temps de retour, taux d'autoconsommation et d'autoproduction

Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.

L’essentiel

  • La CACSI (Enedis-FOR-RAC_43E) s'applique aux installations ≤ 36 kVA raccordées sur un site consommateur en contrat unique, dont la puissance installée est inférieure ou égale à la puissance souscrite et dont l'énergie est entièrement consommée sur le site.
  • Le producteur s'engage à garantir la non-injection par un dispositif technique (bridage dynamique de l'onduleur sur mesure au point de livraison, ou relais) ; le Linky détecte l'injection et Enedis peut requalifier le dossier.
  • Démarche sur Enedis-Connect : convention signée, attestation Consuel visée (violette avec batterie) ou attestation d'appareil de production sans circuit fixe, mandat, schéma unifilaire si stockage ; aucun frais de gestion ni de comptage au titre de la production.
  • Passer plus tard de la CACSI à l'injection est une nouvelle demande de raccordement, avec une nouvelle date de demande complète et le régime tarifaire de ce jour-là.
  • Depuis le 5 juin 2026, le surplus est acheté 1,1 c€/kWh : le gain d'une CACSI pour un particulier est presque nul, et son coût (production bridée, réversibilité perdue) reste réel ; elle se justifie surtout quand l'obligation d'achat est inaccessible.

La convention d'autoconsommation sans injection (CACSI) est le cadre contractuel d'Enedis pour une installation de 36 kVA ou moins qui consomme sur place la totalité de ce qu'elle produit. Elle est gratuite, rapide, sans contrat d'achat, et elle impose une contrainte technique permanente : garantir que pas un kWh ne part sur le réseau. Elle a du sens quand l'obligation d'achat est inaccessible ou refusée en connaissance de cause ; elle en a rarement pour un particulier depuis que le surplus est acheté 1,1 c€/kWh, parce que le gain qu'elle apporte est presque nul et que son coût, lui, ne l'est pas. Cet article donne les conditions, la démarche, le dispositif de non-injection et la comparaison chiffrable avec la CRAE.

Ce qu'est une CACSI, dans le texte d'Enedis

Le modèle de convention en vigueur (Enedis-FOR-RAC_43E, version 6 du 1er janvier 2025) situe la CACSI dans le code de l'énergie : les articles D. 342-5 et suivants imposent pour toute installation de production une convention de raccordement, une convention d'exploitation et un contrôle de performance ; « concernant les cas précis d'installations de production de puissance inférieure ou égale à 36 kVA, raccordées sur une installation de consommation qui consomme la totalité de l'énergie produite, ces dispositions se traduisent par l'établissement d'une convention d'autoconsommation sans injection ». La conclusion de la convention « constitue le préalable nécessaire à la mise en service ».

L'article 2 fixe les conditions cumulatives :

  • l'installation de production est raccordée sur un site consommateur en contrat unique (sinon, avenant au contrat d'accès existant) ;
  • « la puissance installée de production est inférieure ou égale à la puissance souscrite de l'installation de consommation » ;
  • l'énergie produite est « entièrement consommée » par l'installation de consommation ;
  • l'installation absorbe une puissance réactive égale à 0,35 fois la puissance active produite ;
  • elle est soumise au contrôle de performance décrit dans la note Enedis-PRO-RES_64E.

La convention prend fin, entre autres, quand « le producteur dépose une demande de raccordement en vue d'injecter sur le réseau tout ou partie de l'énergie » : la CACSI n'est pas un état provisoire que l'on fait évoluer par avenant, c'est un régime que l'on quitte par une nouvelle demande. Le même modèle traite le stockage : un dispositif de stockage susceptible d'injecter « se comporte, vu du réseau électrique, comme une installation de production », et la batterie « ne doit servir qu'aux besoins propres de l'installation de consommation ».

Quand la CACSI est le bon choix

SituationCACSI pertinente ?Pourquoi
Installation non éligible à l'obligation d'achat (au sol, installateur non qualifié, site hors périmètre de l'arrêté)OuiSans contrat d'achat, injecter ne rapporte rien et suppose un accord de rattachement à un responsable d'équilibre
Client professionnel dont la consommation diurne dépasse toujours la productionSouventSurplus réel proche de zéro, pas de facturation annuelle à gérer, pas de prestation de mise en service
Client qui refuse tout contrat d'achat, informé par écritAcceptableChoix personnel documenté ; prévoir la variante CRAE dans l'étude
Réseau saturé ou raccordement en injection nécessitant des travaux (passage en triphasé, renforcement)ParfoisLa CACSI n'entraîne « aucune modification du branchement sauf situation exceptionnelle » (photovoltaique.info)
Puissance installée supérieure à la puissance souscriteNonCondition de l'article 2 non remplie : augmenter la puissance souscrite ou passer en CRAE
Particulier ≤ 9 kWc avec profil de consommation classiqueRarementVoir la comparaison plus bas

Au-delà de 36 kVA, l'option « sans injection » existe aussi, mais elle passe par le portail raccordement entreprises et un autre jeu de conventions.

Le dispositif de non-injection

La convention ne prescrit pas un matériel : « le producteur prendra toutes les dispositions nécessaires pour garantir la non-injection d'énergie ». Elle décrit en revanche ce qui entoure le dispositif. La protection de découplage, conforme à la NF EN 50549-1, est intégrée à l'onduleur ou à un relais externe ; réglée et contrôlée en usine, elle « ne fera l'objet d'aucun réglage » par Enedis, un essai de bon fonctionnement étant réalisé au couplage (ouverture du disjoncteur, vérification du découplage). Un dispositif de type B1 impose une intervention d'Enedis. Le sectionnement entre production et consommation doit satisfaire l'article 536 de la NF C 15-100.

Trois familles de solutions sont utilisées sur le terrain.

SolutionPrincipeLimites
Limitation d'export de l'onduleurUn compteur d'énergie ou des tores au point de livraison mesurent le flux ; l'onduleur réduit sa puissance pour maintenir l'export à zéroTemps de réponse de quelques secondes pendant lesquels une injection brève existe ; câblage jusqu'au tableau de comptage ; paramétrage à consigner
Relais de non-injectionUn relais coupe la production quand une injection est détectéeArrêts fréquents, production perdue, usure ; acceptable sur de petites puissances
Pilotage de charges et stockageChauffe-eau, batterie, recharge absorbent l'excédentNe garantit rien seul : à combiner avec une limitation d'export

Le sous-dimensionnement (« 3 kWc pour une maison qui consomme toujours plus ») n'est pas un dispositif : un dimanche d'avril, la maison vide injecte. Le compteur Linky enregistre un index d'injection distinct, et une CACSI qui injecte est requalifiée par Enedis, comme le rappelle Raccordement Enedis CRAE, CACSI, vente totale : délais 2026. La consigne de limitation, le schéma de câblage du capteur et la capture des paramètres de l'onduleur doivent figurer au dossier de fin de chantier.

La démarche Enedis pas à pas

La demande se fait sur Enedis-Connect, comme une CRAE ; c'est le régime choisi à l'ouverture du dossier qui l'oriente. L'annexe 1 de la convention liste les pièces :

  1. la convention paraphée à chaque page, complétée, datée et signée ;
  2. une attestation de conformité visée par le Consuel, « obligatoirement une attestation de conformité violette » pour les installations comportant des batteries ; à défaut, pour un appareil de production « fabriqué, assemblé et essayé en usine et qui n'a pas nécessité la création de circuits fixes sur site », une attestation du producteur (art. D. 342-19 du code de l'énergie), avec conformité à la NF EN 50549-1 et raccordement sur un circuit conforme à la NF C 15-100 ;
  3. le mandat Enedis-FOR-RAC_02E si l'installateur porte le dossier ;
  4. un Kbis ou un avis de situation SIREN pour une personne morale ;
  5. un schéma unifilaire en présence de stockage, montrant onduleurs, sectionnement à coupure certaine, organe de découplage, raccordement de la batterie et circuits secourus.

Le glossaire de la convention tranche la question du Consuel pour les panneaux en toiture : « il ne s'agit pas alors d'un appareil de production (il y a assemblage sur site) », l'attestation est due. Le dossier SC 144 correspondant est décrit dans Attestation Consuel photovoltaïque : SC 144, bleue ou violette.

Après acceptation de la déclaration complète, la convention est réputée conclue et la mise en service est faite par le producteur lui-même, sans intervention d'Enedis dès lors que le compteur est communicant ; un compteur électromécanique est remplacé. Photovoltaique.info précise qu'« aucun frais de gestion ni de comptage » n'est dû au titre de la production. Enedis ne publie pas d'engagement de délai comparable aux six semaines de la proposition de raccordement en CRAE ; le délai constaté se lit sur vos propres dossiers Enedis-Connect.

Le récapitulatif administratif : Cerfa, pièces DP, Consuel, raccordement Enedis
Le récapitulatif administratif généré depuis l'étude : DP, Consuel, raccordement.

CACSI et CRAE : coûts et délais

PosteCRAE (surplus)CACSI
Étude EnedisProposition de raccordement sous 6 semaines sans travauxPas de proposition de raccordement
ContratCRAE + contrat d'achat avec l'acheteur obligéConvention seule
Mise en servicePrestation Enedis du catalogue, sous 10 jours ouvrés après demande complète avec Consuel viséPar le producteur, sans prestation facturée
ComptageLinky reprogrammé en mode producteur, index d'injectionLinky inchangé, index d'injection surveillé
Matériel supplémentaireAucunCapteur ou compteur d'énergie, paramétrage, éventuellement relais
Rémunération1,1 c€/kWh HT sur le surplus, 20 ans, indexé 2 %/anAucune
ProductionNon bridéeÉcrêtée dès que la consommation est inférieure à la production
Changement d'avisSans objetNouvelle demande de raccordement, nouvelle date de demande complète

Le coût de la CRAE se résume à la prestation de mise en service du catalogue Enedis et à une facture annuelle à établir. Le coût de la CACSI est le matériel de non-injection et le paramétrage, plus une perte de production impossible à chiffrer sans courbe de charge, mais réelle : tout kWh produit au-dessus de la consommation instantanée est perdu, là où la CRAE le vend, même mal.

Pourquoi elle convient rarement au particulier depuis le 5 juin 2026

L'arrêté du 1er juin 2026 a fixé un tarif d'achat unique de 1,1 c€/kWh HT pour les installations ≤ 100 kWc, surplus comme vente totale, sans prime à l'investissement, détaillé dans Contrat OA et tarif de rachat du surplus : guide installateur. Le raisonnement « la revente ne vaut plus rien, autant ne pas injecter » se répand ; il est faux dans les trois quarts des cas résidentiels.

D'abord parce que la CRAE n'a pas de coût récurrent : 2 000 kWh de surplus rapportent 22 € par an, ce qui est dérisoire, mais la CACSI les fait perdre au lieu de les vendre, et ajoute un matériel et une consigne de bridage. Ensuite parce que le bridage n'est pas neutre : un onduleur en limitation d'export ne produit que ce que la maison absorbe à l'instant, donc l'installation fonctionne des centaines d'heures par an sous sa capacité, ce qu'aucun rapport d'étude ne montre correctement si le calcul suppose une production non bridée. Enfin parce que la CACSI supprime la réversibilité : une pompe à chaleur, un véhicule électrique ou un changement de tarif arrivent dans la vie d'une installation de vingt ans, et le passage à l'injection est alors une nouvelle demande de raccordement, au régime du jour de cette demande.

Les situations où la CACSI reste la bonne réponse pour un particulier sont identifiables : installation au sol ou sur une structure hors du champ de l'arrêté tarifaire, pose par une entreprise sans qualification reconnue au titre de l'arrêté (ce qui ferme l'obligation d'achat), kit d'appareils de production sans circuit fixe, ou refus écrit et éclairé du client. Dans tous les autres cas, l'étude doit présenter la CRAE comme option par défaut, la CACSI comme variante avec sa production bridée, et laisser le client signer l'une ou l'autre. Un logiciel comme Kaelo génère les deux scénarios depuis la même courbe de charge, ce qui rend la comparaison visible plutôt qu'affirmée.

Ce qu'il faut retenir

  • CACSI : installation ≤ 36 kVA sur un site en contrat unique, puissance installée ≤ puissance souscrite, énergie entièrement consommée ; la convention est le préalable à la mise en service, faite par le producteur.
  • La non-injection est une obligation de résultat du producteur : limitation d'export de l'onduleur pilotée par une mesure au point de livraison, ou relais ; le sous-dimensionnement n'en est pas une.
  • Pièces : convention signée, Consuel visé (violette avec batterie) sauf appareil sans circuit fixe, mandat, Kbis, schéma unifilaire si stockage ; aucun frais de gestion ni de comptage.
  • Quitter la CACSI pour injecter est une nouvelle demande de raccordement, avec la date et le régime tarifaire de cette nouvelle demande.
  • Depuis le tarif unique de 1,1 c€/kWh, la CACSI n'apporte presque rien au particulier et lui coûte une production bridée et sa réversibilité ; elle se justifie quand l'obligation d'achat est inaccessible ou refusée par écrit.

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Questions fréquentes

Le client ne veut « pas de contrat avec EDF » : la CACSI est-elle la solution ?

C'est une solution, pas la seule. La CRAE n'oblige à rien d'autre qu'une facture annuelle de surplus, et l'installation n'est pas bridée. Expliquez-lui ce que coûte la non-injection : un onduleur qui écrête dès que la maison ne consomme pas, et une nouvelle demande de raccordement s'il change d'avis. S'il maintient son choix, il doit être écrit et signé sur le devis.

Une CACSI dispense-t-elle du Consuel ?

Non pour des panneaux en toiture : la convention exige une attestation de conformité visée par le Consuel, violette en présence de batteries. Seul un appareil de production fabriqué et essayé en usine, raccordé sans création de circuit fixe et conforme à la NF EN 50549-1, peut en être dispensé sur attestation du producteur (art. D. 342-19 du code de l'énergie).

Quel dispositif de non-injection Enedis accepte-t-il ?

La convention n'impose pas de matériel : le producteur « prend toutes les dispositions nécessaires pour garantir la non-injection ». En pratique, un compteur d'énergie ou un capteur de courant au point de livraison pilote la limitation d'export de l'onduleur ; un relais externe qui déconnecte la production en cas d'injection est l'autre voie. Un simple sous-dimensionnement n'est pas une garantie.

Sources