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Budget 2027 et solaire : ce que vos clients vont vous demander

PLF 2027 : article 82 (S21 300-500 kWc), anciens contrats 2006-2010, arrêt en prix négatifs dès 100 kW, réforme des heures creuses. Les réponses à donner en rendez-vous.

Publié le · 8 min de lecture · Rédaction Kaelo

Indicateurs du rapport financier : puissance, production P50, TRI, VAN, temps de retour, taux d'autoconsommation et d'autoproduction

Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.

L’essentiel

  • Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre 2026, n'est pas voté : aucun tarif n'est modifié et aucun contrat n'est rompu avant le vote et les textes d'application.
  • L'article 82 vise la révision de certains contrats S21 de 300 à 500 kWc (bâtiments, hangars, ombrières) dont la rentabilité dépasse le niveau jugé raisonnable ; les toitures résidentielles ne sont pas visées.
  • Les « anciennes rentes » visées concernent les contrats des arrêtés de 2006 et 2010 ; le dossier ne cite aucune mesure contre les petites installations de particuliers.
  • L'obligation d'arrêter la production pendant les prix négatifs serait étendue aux installations de plus de 100 kW (contre 1 MW) : à intégrer dès maintenant dans les études tertiaires et agricoles.
  • En parallèle, la réforme des heures creuses (11 h-17 h l'été, 9,3 millions de clients de décembre 2026 à octobre 2027) change l'argumentaire résidentiel : l'autoconsommation et le pilotage du chauffe-eau priment.

Le projet de loi de finances pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026. Les titres de presse parlent de « rentes » du solaire à supprimer, et vos clients les ont lus. Dans les semaines qui viennent, la question reviendra en rendez-vous : « Est-ce que je dois attendre ? », « Mon contrat va-t-il baisser ? ». Cet article résume ce que le texte présenté contient, ce qu'il ne contient pas, et les réponses à préparer, segment par segment.

Ce que le texte présenté contient

Trois mesures concernent le photovoltaïque. Toutes sont au stade du projet : le Parlement doit examiner et voter le texte, en principe d'ici fin décembre, puis les textes d'application doivent être publiés. D'ici là, aucun tarif n'est modifié et aucun contrat n'est rompu.

MesurePérimètreCe que cela change pour vous
Article 82 : révision de contrats S21Bâtiments, hangars, ombrières de 300 à 500 kWc dont la rémunération du capital dépasse un niveau jugé raisonnableVos anciens clients tertiaires et agricoles de cette taille
Revue des « anciennes rentes »Contrats des arrêtés tarifaires de 2006 et 2010, payés jusqu'à 600 €/MWhPas de mesure citée pour les particuliers
Arrêt pendant les prix négatifsInstallations de plus de 100 kW (seuil abaissé depuis 1 MW)Études et contrats C&I au-dessus de 100 kW

Le gouvernement en attend environ 120 millions d'euros d'économies, pour un soutien public aux renouvelables stable autour de 9,5 milliards d'euros en 2027.

Particuliers : la réponse à donner

Pour une installation résidentielle, neuve ou existante, le texte présenté ne contient aucune mesure de baisse. Le précédent de la loi de finances pour 2021 va dans le même sens : son article 225 avait permis de réviser les contrats de 2006-2010, mais seulement au-delà de 250 kWc.

La vraie réponse à l'objection « je préfère attendre » n'est donc pas budgétaire : le cadre d'une installation de 0 à 100 kWc a déjà changé le 5 juin 2026, avec un rachat du surplus à 0,011 €/kWh et la suppression de la prime à l'autoconsommation. Attendre le vote du budget ne changera pas ces paramètres. Ce qui décide de la rentabilité du projet de votre client, c'est son taux d'autoconsommation face à un kWh acheté à 0,2001 € (tarif réglementé Base au 1er août 2026). L'argumentaire complet est dans notre article sur le rachat à 1,1 centime, et les autres objections dans les réponses aux objections clients.

Un client équipé depuis 2009 ou 2010 peut aussi vous appeler, inquiet. Rassurez-le sur le fond, et mettez-le en garde contre les démarchages qui utiliseraient l'actualité pour lui proposer de « renégocier » ou de « racheter » son contrat.

Clients de 300 à 500 kWc : préparer l'audit

C'est le segment directement visé par l'article 82. Il est passé des tarifs S21 aux appels d'offres en septembre 2025, après une baisse rapide des tarifs garantis (131,2 €/MWh en 2023, 88 €/MWh à l'été 2025). Les contrats signés au début de cette période sont jugés trop rémunérateurs. Selon l'analyse du cabinet Kohen Avocats, environ 8 000 installations seraient concernées, et la première étape serait un audit des contrats.

Si vous avez posé des installations de cette taille, deux choses utiles pour vos clients :

  • rassembler les coûts réels : devis signé, factures, raccordement, financement. Une révision fondée sur la « rémunération raisonnable du capital » se discutera sur ces chiffres ;
  • suivre les débats et orienter vers un conseil juridique : le périmètre peut encore bouger par amendement.

Au-dessus de 100 kW : intégrer les prix négatifs dans les études

La France a connu 513 heures de prix négatifs en 2025, contre 102 au maximum en 2022, et environ 300 heures au premier semestre 2026. Le projet étend l'obligation d'arrêter la production pendant ces épisodes aux installations de plus de 100 kW, au lieu de 1 MW.

Pour un projet tertiaire ou agricole au-dessus de ce seuil, cela se traduit dans l'étude :

  • une perte de production injectée à chiffrer, concentrée sur les midis ensoleillés de printemps et d'été, précisément les heures où le productible est maximal ;
  • un pilotage à prévoir : l'onduleur ou le contrôleur de centrale doit pouvoir réduire ou couper l'injection sur consigne ;
  • un argument pour l'autoconsommation et le stockage : une production consommée sur place ou stockée n'est pas concernée par la coupure de l'injection.

Ajoutez une ligne explicite dans vos hypothèses de rapport, plutôt que de laisser le client le découvrir après la mise en service. Voir aussi le contenu d'un rapport d'étude client.

En-tête du rapport financier : TRI 12,1 %, retour en 9 ans, VAN, LCOE
Le rapport financier : TRI, temps de retour, VAN et LCOE en tête de page.

La réforme des heures creuses change aussi l'argumentaire

Indépendamment du budget, Enedis déplace les heures creuses de 9,3 millions de clients de décembre 2026 à octobre 2027 : 8 heures par jour, dont au moins 5 la nuit et jusqu'à 3 entre 11 h et 17 h, surtout l'été. Vos clients en recevront l'annonce au moins un mois avant.

Trois conséquences pour vos rendez-vous résidentiels :

  • le chauffe-eau devient l'allié du solaire : asservi au signal heures creuses, il chauffera l'après-midi, quand les panneaux produisent ; un routeur solaire complète ;
  • l'option heures pleines / heures creuses n'est plus automatique : aux tarifs d'août 2026 (0,2142 € en heures pleines, 0,1589 € en heures creuses, 0,2001 € en Base, même abonnement), elle ne se justifie que si au moins 25 % environ des achats au réseau tombent en heures creuses, ce qui devient plus difficile avec des panneaux ;
  • l'étude doit raisonner en autoconsommation heure par heure, pas en production annuelle : c'est ce que le client comprend le mieux, et ce qui résiste aux changements de tarif.

Ce qu'il faut retenir

  • Rien n'est voté : aucun tarif ne change avant le vote du budget et les textes d'application.
  • Particuliers : aucune mesure dans le texte présenté ; l'objection « j'attends le budget » se traite par l'autoconsommation, pas par le calendrier parlementaire.
  • 300 à 500 kWc sous S21 : périmètre de l'article 82 ; aidez vos clients à documenter leurs coûts réels.
  • Au-dessus de 100 kW : chiffrez les heures de coupure en prix négatifs et prévoyez le pilotage dès l'étude.
  • Heures creuses l'après-midi : chauffe-eau asservi, comparaison Base / HP-HC, raisonnement en autoconsommation.

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Questions fréquentes

Un client particulier me demande s'il doit attendre le vote du budget avant de signer. Que répondre ?

Que le texte présenté ne contient aucune mesure sur les installations résidentielles neuves ou existantes. Le cadre d'une nouvelle installation de 0 à 100 kWc a déjà changé le 5 juin 2026 : rachat du surplus à 0,011 €/kWh et prime à l'autoconsommation supprimée. Attendre le vote ne change donc rien à son projet ; c'est le taux d'autoconsommation qui décide de sa rentabilité.

J'ai posé des toitures de 300 à 500 kWc sous S21. Mes clients doivent-ils s'inquiéter ?

Ils sont dans le périmètre de l'article 82, qui prévoit une révision lorsque la rémunération du capital dépasse un niveau jugé raisonnable. Selon les analyses publiées, la première étape serait un audit des contrats, pas une baisse immédiate. Le texte peut évoluer au Parlement : conseillez-leur de suivre les débats avec leur conseil et de rassembler dès maintenant les éléments de coût réel de l'installation.

L'arrêt pendant les prix négatifs concerne-t-il une installation de 36 kWc ?

Non : le projet abaisse le seuil de 1 MW à 100 kW. Une installation de 36 kWc ou de 100 kWc n'est pas concernée par cette obligation. En revanche, les épisodes de prix négatifs (513 heures en 2025) expliquent le niveau très bas de la valorisation du surplus injecté.

Sources