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Devis & vente

Borne de recharge et photovoltaïque : qualification IRVE et devis

Vendre une borne IRVE avec une installation PV : qualification au-delà de 3,7 kW, niveaux P1/P2/P3, aides 2026, TVA, pilotage sur surplus, Consuel et devis.

Publié le · 9 min de lecture · Rédaction Kaelo

Le pipeline commercial et le devis signé de 12 900 € TTC dans le dossier client

Le dossier client : pipeline en 8 étapes et devis comptant signé.

L’essentiel

  • Au-delà de 3,7 kW, l'installation d'un point de recharge exige une entreprise qualifiée IRVE ; en dessous, une prise en habitation privée en est dispensée.
  • Qualifelec distingue trois formations à l'installation : P1 (AC sans communication), P2 (AC avec communication ou supervision), P3 (recharge rapide en courant continu) ; l'indice IRVE1 couvre les installations de moins de 36 kVA.
  • Le crédit d'impôt borne (75 %, plafonné à 500 €) est supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026 ; ADVENIR ne vise que le collectif, la voirie, les poids lourds et les zones non interconnectées.
  • Une borne pilotée sur le surplus déplace des kWh vendus 0,011 € vers des kWh qui évitent un achat à 0,2001 € TTC : c'est l'argument de vente, à condition que la voiture soit garée en journée.
  • En maison individuelle, l'attestation Consuel propre à l'IRVE n'est exigée qu'au-delà de 36 kW ; le Consuel de l'installation PV, lui, reste obligatoire.

Un client qui signe des panneaux aujourd'hui a souvent une voiture électrique, ou en aura une avant la fin de son contrat d'achat. Lui proposer la borne dans le même devis est logique : même tableau, même déplacement, même argument d'autoconsommation. Encore faut-il que votre entreprise ait le droit de la poser, que le client sache quelles aides ont disparu en 2026, et que le pilotage sur le surplus soit réellement chiffré. Voici le cadre, point par point.

Qualification IRVE : obligatoire au-delà de 3,7 kW

Le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 a institué, selon Qualifelec, « l'obligation de qualification pour tout installateur de points de recharge d'une puissance supérieure à 3,7 kW ». La qualification couvre la conception, l'installation et la maintenance. Le guide Avere-France publié par Enedis rappelle les deux exceptions pour les prises de 3,7 kW ou moins : celles qui ne sont pas accessibles au public et dont la fonction principale n'est pas la recharge, et celles situées dans un bâtiment d'habitation privé.

En pratique, une prise renforcée de 3,7 kW dans un garage de particulier peut être posée par un électricien sans mention IRVE. Une borne de 7,4 kW, le standard en maison individuelle d'après ce même guide, ne le peut pas.

Le texte a bougé depuis 2017. Le décret n° 2024-649 du 30 juin 2024 a codifié l'article 22 du décret de 2017 dans le code de l'énergie, à l'article D. 353-2. Celui-ci impose une qualification pour l'installation et la maintenance, hors infrastructures de 3,7 kW ou moins en habitation privée. Cette qualification est délivrée par un organisme disposant d'un agrément ministériel.

Les niveaux de formation et les indices de qualification

Qualifelec distingue deux choses : les formations, qui sont un prérequis, et les indices de qualification, qui figurent sur votre certificat.

Formation agrééeCe qu'elle couvre (Qualifelec)
P1Installation de bornes AC « sans configuration spécifique pour la communication extérieure »
P2Installation en AC « avec configuration spécifique pour la communication ou la supervision »
P3Recharge rapide à haute puissance en courant continu
IndiceChamp
IRVE1Installations de moins de 36 kVA
IRVE2Installations communicantes de plus de 36 kVA
IRVE3Recharge rapide en courant continu

Trois points pratiques à retenir. Les formations doivent être agréées par Qualifelec depuis le 14 janvier 2018. Une entreprise qui n'a encore posé aucune IRVE démarre par un cycle probatoire (PIRVE) de deux ans, puis la qualification est attribuée pour quatre ans. Enfin, une borne pilotée sur le surplus communique avec un compteur ou un gestionnaire d'énergie : demandez à votre organisme si votre configuration relève de P1 ou de P2 avant de vous inscrire. Les pages de Qualifelec ne disent pas où se range une modulation par simple pince ampèremétrique : posez la question par écrit.

L'organisme qui délivre la mention est Qualifelec ou l'AFNOR, d'après le guide Avere-France, qui renvoie vers leurs annuaires pour vérifier un installateur.

Les aides en 2026 : ce qui reste, ce qui a disparu

C'est la partie du devis où les erreurs coûtent le plus cher, parce que beaucoup de pages commerciales n'ont pas été mises à jour.

Le crédit d'impôt est terminé. La fiche service-public (vérifiée le 15 avril 2026) l'écrit sans ambiguïté : « Le crédit d'impôt est supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. » Il valait 75 % des dépenses, dans la limite de 500 € par système de charge pilotable. Seule une borne facturée et payée au plus tard le 31 décembre 2025 peut encore être déclarée, sur la déclaration de revenus 2026. Ne faites figurer aucune mention de crédit d'impôt sur un devis émis en 2026.

ADVENIR ne couvre pas la maison individuelle. Le site du programme liste quatre catégories : immeuble collectif, poids lourds et autocars, voirie publique, Corse et outre-mer. Le programme s'arrête en 2027. Pour un particulier en copropriété, le barème publié est le suivant :

Prime ADVENIR (immeuble collectif)TauxPlafond
Solution individuelle50 %1 000 € HT par point de recharge
Solution partagée50 %1 660 € HT par point, jusqu'à 8 000 € pour la voirie extérieure et 3 000 € pour un nouveau point de livraison
Infrastructure collective50 %environ 50 % des coûts, jusqu'à 8 000 € pour la voirie extérieure

Si vous intervenez en copropriété, le dépôt passe par la plateforme ADVENIR et les conditions détaillées figurent dans les cahiers des charges de chaque prime : lisez-les avant de signer, car la page des montants ne détaille pas les exigences techniques.

Les aides locales existent parfois (collectivités, fournisseurs d'énergie). Elles changent trop souvent pour être imprimées dans un modèle de devis : vérifiez-les au cas par cas.

TVA : un taux réduit propre à la borne

La borne a son propre régime, distinct de celui des travaux d'amélioration énergétique. L'article 278-0 bis du code général des impôts, au N, applique le taux de 5,5 % aux « prestations de pose, d'installation et d'entretien d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques », à trois conditions :

  • la borne est installée dans des locaux à usage d'habitation et destinée aux résidents ;
  • sa configuration respecte les exigences techniques fixées par arrêté ;
  • la prestation est réalisée par une personne qui remplit les critères de qualification fixés par ce même arrêté.

Cet arrêté est celui du 22 juin 2023. Pour une maison individuelle, il demande une borne équipée d'un socle ou d'un connecteur de type 2 (NF EN 62196-2), ou une prise renforcée de type E adaptée à au moins 14 A. La fin du crédit d'impôt en 2026 ne supprime pas ce taux réduit, qui figure dans le code. Le texte vise la pose, l'installation et l'entretien : faites confirmer par votre expert-comptable le traitement du matériel facturé avec la pose.

Deux précautions. Faites figurer la borne sur une ligne distincte du photovoltaïque, avec son propre taux, pour pouvoir corriger sans refaire tout le devis. Et rappelez-vous que le taux du photovoltaïque n'est pas celui de la borne : les deux équipements relèvent de régimes différents.

Le pilotage sur le surplus : l'argument qui justifie la borne

Enedis décrit trois façons de piloter une recharge : par l'application du véhicule, par la connexion de la borne au compteur Linky, ou par un gestionnaire d'énergie installé par un électricien. Les textes encadrent aussi le pilotage lui-même : l'article L. 353-10 du code de l'énergie et l'arrêté du 19 juillet 2018 relatif aux dispositifs de pilotage de la recharge, recensés par le ministère.

Pour un client équipé de panneaux, le pilotage qui compte est celui qui suit la production. Le principe : mesurer en continu ce qui part sur le réseau, et ajuster la puissance de la borne pour absorber ce surplus plutôt que de l'injecter.

L'intérêt se calcule simplement avec les repères tarifaires actuels :

RepèreValeur
Électricité achetée, tarif réglementé base (août 2026)0,2001 € TTC/kWh
Surplus vendu, installation ≤ 9 kWc0,011 €/kWh
Gain par kWh détourné vers la voiture≈ 0,189 €

Si le pilotage envoie 1 500 kWh de surplus par an dans la batterie de la voiture, l'économie atteint environ 280 € par an. Ce chiffre est une hypothèse d'exemple, pas une promesse : il dépend de la présence du véhicule en journée, de la taille de l'installation et de la saison. Un client qui part au travail en voiture à 8 h et rentre à 19 h n'en profitera que le week-end. Posez la question pendant la visite technique, et écrivez la réponse dans l'étude.

Trois limites techniques à expliquer avant la signature :

  • Le seuil de démarrage. Une recharge ne démarre pas sur quelques centaines de watts. En dessous d'un courant minimal, la borne attend ou complète avec le réseau, selon le mode réglé. Relevez ce courant minimal dans la notice de la borne avant de chiffrer le surplus récupérable.
  • Le monophasé et le triphasé. Une borne de 7,4 kW en monophasé appelle environ 32 A (230 V × 32 A ≈ 7,4 kW). Sur un abonnement de faible puissance, il faut un délestage ou une hausse de la puissance souscrite. Le guide Avere-France rappelle que les bornes de 11 et 22 kW sont alimentées en triphasé.
  • La compatibilité. La modulation sur le surplus passe par une pince sur l'arrivée, par l'onduleur ou par un gestionnaire d'énergie. Ne promettez rien avant d'avoir vérifié sur les notices des deux fabricants que la borne accepte la mesure fournie.

Protections électriques et Consuel

La borne est un circuit spécialisé, raccordé au tableau, avec ses propres protections contre les surintensités et une protection différentielle adaptée. Le type de différentiel et la section des conducteurs se lisent dans la notice du fabricant et dans la norme NF C 15-100 : appliquez-les tels que votre formation IRVE les présente.

Côté Consuel, il faut distinguer les deux attestations :

  • L'installation photovoltaïque passe toujours par l'attestation bleue (sans batterie) ou violette (avec batterie), accompagnée du dossier technique SC 144. Sans visa, pas de mise en service Enedis.
  • L'IRVE en maison individuelle n'appelle une attestation visée par Consuel que pour une nouvelle installation de plus de 36 kW, quel que soit le type de raccordement, d'après la note Consuel sur la réglementation IRVE. Une borne de 7,4 ou 11 kW chez un particulier n'est donc pas concernée par cette obligation propre à l'IRVE.

Si vous posez les deux le même jour, demandez à Consuel comment faire figurer le circuit de la borne dans le dossier SC 144 du photovoltaïque. Les documents Consuel publics ne le précisent pas. Dans tous les cas, gardez un schéma conforme au tableau réellement installé.

Devis DEV-2026-0675 accepté : 12 900 € TTC, cascade automatique (facture d'acompte 30 %, bons de commande, pipeline)
À l'acceptation du devis, l'acompte, les bons de commande et l'étape du pipeline se créent seuls.

Comment l'intégrer au devis

Un devis PV avec borne qui se défend bien comporte cinq blocs distincts :

  1. L'installation photovoltaïque, avec son taux de TVA, ses protections et son raccordement.
  2. La borne, sur une ligne séparée : marque, référence, puissance, monophasé ou triphasé, câble attaché ou prise.
  3. Le pilotage : mode retenu (pince, gestionnaire, onduleur), réglage du mode « surplus seul » ou « surplus + réseau », mise en service.
  4. Les travaux électriques associés : circuit dédié, protections, longueur de câble, éventuelle hausse de puissance souscrite à demander par le client.
  5. Les mentions : numéro de qualification IRVE de l'entreprise, absence de crédit d'impôt pour une dépense payée en 2026, gain estimé avec ses hypothèses (kWh détournés, prix du kWh).

Deux règles pour éviter les litiges. Chiffrez la borne en option, pour que le client puisse signer le photovoltaïque seul. Et ne présentez jamais le gain du pilotage dans le même chiffre que la production solaire : séparez « ce que les panneaux produisent » de « ce que la voiture absorbe », sinon vous mélangez une estimation physique et une hypothèse d'usage.

Ce qu'il faut retenir

  • Au-delà de 3,7 kW, qualification IRVE obligatoire ; QualiPV ne la remplace pas. Formations P1, P2, P3 ; indice IRVE1 pour les installations de moins de 36 kVA.
  • Crédit d'impôt supprimé pour les dépenses payées depuis le 1er janvier 2026 ; ADVENIR ne finance pas la maison individuelle.
  • TVA à 5,5 % sur la pose d'une borne dans un logement (CGI, art. 278-0 bis, N), si la borne et l'installateur respectent l'arrêté du 22 juin 2023 : isolez-la sur une ligne.
  • Le pilotage sur le surplus vaut environ 0,19 € par kWh détourné, si la voiture est à la maison en journée.
  • Consuel : attestation PV toujours, attestation IRVE propre seulement au-delà de 36 kW en maison individuelle.

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Questions fréquentes

Une entreprise QualiPV peut-elle poser une borne de 7,4 kW sans qualification IRVE ?

Non. La qualification IRVE est exigée pour concevoir, installer et maintenir des points de recharge de plus de 3,7 kW. QualiPV ne la remplace pas. Une entreprise qui débute peut obtenir une qualification probatoire (PIRVE) valable deux ans, après une formation agréée par Qualifelec.

Mon client peut-il encore toucher le crédit d'impôt pour une borne posée en 2026 ?

Non. Service-public indique que le crédit d'impôt est supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. Une borne facturée et payée en 2025 se déclare encore sur la déclaration de revenus 2026.

ADVENIR finance-t-il une borne en maison individuelle ?

Le site ADVENIR liste quatre catégories de projets : immeuble collectif, poids lourds et autocars, voirie publique, Corse et outre-mer. La maison individuelle n'y figure pas. En copropriété, la solution individuelle est aidée à 50 % dans la limite de 1 000 € HT par point de recharge.

Faut-il une borne spéciale pour recharger sur le surplus solaire ?

Il faut une borne capable de moduler sa puissance, et une mesure de ce qui part sur le réseau : pince ampèremétrique de la borne, gestionnaire d'énergie, ou fonction intégrée à l'onduleur si le fabricant la propose. Vérifiez la compatibilité entre la borne et l'onduleur sur les documents des deux fabricants avant de chiffrer.

Le Consuel du photovoltaïque couvre-t-il la borne posée le même jour ?

L'attestation PV (bleue ou violette) porte sur l'installation de production. Pour une IRVE de 36 kW ou moins en maison individuelle, Consuel n'exige pas d'attestation dédiée. Demandez à Consuel comment déclarer le nouveau circuit sur le dossier PV si vous posez les deux en même temps.

Sources