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Pompe à chaleur

Note de dimensionnement PAC air/eau : méthode pour l'installateur

Déperditions (G×V×ΔT ou NF EN 12831), température de base, puissance à −7 °C, bivalence, loi d'eau, ballon tampon, ECS : la note exigée par l'Anah et les CEE.

Publié le · 9 min de lecture · Rédaction Kaelo

Le pipeline commercial et le devis signé de 12 900 € TTC dans le dossier client

Le dossier client : pipeline en 8 étapes et devis comptant signé.

L’essentiel

  • La note de dimensionnement est une pièce du dossier d'aide (MaPrimeRénov', CEE BAR-TH-171) : elle doit être remise au client et porter la température de base, les déperditions des pièces desservies, la puissance retenue, les émetteurs et le mode de régulation.
  • La méthode G×V×ΔT est admise à titre indicatif ; le calcul pièce par pièce selon NF EN 12831-1 et son annexe nationale NF P 52-612/CN est celui qui tient devant un expert.
  • La puissance qui compte est celle de la PAC à la température de base et à la température de départ des émetteurs, pas la puissance nominale à +7 °C / 35 °C.
  • Pour les CEE, une PAC air/eau doit couvrir entre 60 % et 130 % des déperditions ; un point de bivalence trop haut ou trop bas fait une machine qui « ne chauffe pas » ou qui cycle.
  • La loi d'eau doit être cohérente avec les émetteurs : un radiateur donné à ΔT 50 K ne fournit qu'environ la moitié de sa puissance à ΔT 30 K.

La note de dimensionnement décide si une pompe à chaleur air/eau chauffera la maison le 15 janvier à 6 h du matin. C'est aussi une pièce administrative : sans elle, le dossier MaPrimeRénov' ou CEE du client est incomplet. Beaucoup d'installateurs la produisent en trois clics avec l'outil du fabricant, puis découvrent l'hiver suivant que la puissance nominale de la brochure n'était pas la puissance disponible à −7 °C. Voici la méthode, ce que les financeurs lisent et ce que les experts vérifient.

Ce que la note doit contenir

Depuis 2022, une note de dimensionnement doit être établie et remise au bénéficiaire pour toute PAC air/eau, eau/eau ou hybride financée par MaPrimeRénov' ou par une fiche CEE (BAR-TH-171, 172, 159). Les obligés CEE la réclament dès la signature ; les modèles qu'ils diffusent listent les champs obligatoires (Sonergia). Le détail du devis lui-même est traité dans Devis pompe à chaleur : dimensionnement, TVA et aides 2026.

Champ obligatoireCe qui est attendu
Bénéficiaire et adresse des travauxNom, adresse, code postal, ville
Déperditions du logementEn watts, à la température de base, pour les seules pièces desservies par le réseau de chauffage, sans tenir compte des autres générateurs
Température de base et température de consigneTbase selon zone et altitude ; consigne 19 °C par défaut
Puissance préconisée hors appointPart chauffage et part ECS, en kW
Type d'émetteursPlancher/mur/plafond (basse température, ETAS à 35 °C) ; radiateurs classiques ou anciens (moyenne/haute température, ETAS à 55 °C)
Mode de régulationLoi d'eau, thermostat, zonage
Taux de couverturePAC air/eau : entre 60 % et 130 % des déperditions ; PAC hybride : 40 % à 80 %, et calcul du taux de couverture annuel

Deux règles du modèle sont souvent oubliées : les déperditions se calculent « sans considération des éventuels autres générateurs présents » (le poêle du salon ne réduit pas la puissance à installer), et les radiateurs dits « basse température » à régime 45 °C relèvent de l'application moyenne température, ETAS à 55 °C et non à 35 °C.

Déperditions : méthode simplifiée ou NF EN 12831

Le modèle CEE propose « à titre indicatif » la formule G × V × ΔT : G coefficient global de déperdition en W/m³·°C, « de 0,2 ou moins (maison RE 2020) à 2,2 (construction très mal isolée, avant 1960) », V volume chauffé, ΔT écart entre consigne et Tbase. Maison de 300 m³ des années 1980 partiellement isolée (G ≈ 1,0) à Tbase −7 °C : 1,0 × 300 × 26 = 7 800 W.

Cette formule ne distingue pas les parois, et le choix de G est un jugement. La norme NF EN 12831-1 et son annexe nationale NF P 52-612/CN calculent pièce par pièce les déperditions par transmission (U des parois, ponts thermiques) et par renouvellement d'air. C'est le calcul qu'un expert judiciaire refera si la PAC ne chauffe pas.

CritèreG × V × ΔTNF EN 12831-1
Temps et données10 minutes ; volume, année, isolation1 à 3 heures ; U de chaque paroi, ventilation, ponts thermiques
Précision± 30 % selon le G choisiPièce par pièce, permet de vérifier chaque radiateur
Dossier d'aide / litigeAccepté / faible poidsAccepté / référence

Le compromis raisonnable : G × V × ΔT au premier rendez-vous, NF EN 12831 avant de signer, avec les hypothèses (année, isolation des combles, vitrages, VMC) écrites dans la note. Une isolation « prévue » mais non réalisée à la mise en service est la première cause de PAC sous-dimensionnée : dimensionnez sur l'état réel.

La température de base : zone, altitude, source

La température de base (Tbase) est la température extérieure conventionnelle sous laquelle on ne dimensionne plus. Pour la France métropolitaine, NF P 52-612/CN la donne par département ramenée au niveau de la mer (tableau D.1a), avec une correction d'altitude (Cap Renov). En plaine, elle va de l'ordre de −2 °C sur le littoral corse à −15 °C dans l'Est ; en altitude, le modèle CEE rappelle une plage jusqu'à −29 °C.

Situation (exemples indicatifs)Ordre de grandeur de Tbase
Littoral méditerranéen, Corse−2 à −5 °C
Façade atlantique, Sud-Ouest−5 à −7 °C
Bassin parisien, Centre, Lyonnais−7 à −12 °C
Alsace, Lorraine, Franche-Comté−12 à −15 °C
Sites > 800 mValeur corrigée d'altitude, souvent < −15 °C

Puissance à −7 °C, pas puissance nominale

La puissance « nominale » d'une PAC air/eau est donnée à +7 °C extérieur et 35 °C de départ (A7/W35). À −7 °C et 55 °C, la même machine fournit sensiblement moins : écart de température plus grand, cycles de dégivrage. La note reprend la puissance calorifique du modèle à la Tbase du site et à la température de départ retenue, lue dans les tableaux du fabricant.

Point de fonctionnement (exemple type, machine « 10 kW »)Puissance calorifiqueCOP
A7 / W35 (nominal)10,0 kW4,5
−7 / W457,0 kW2,5
−7 / W556,3 kW2,1

Ces valeurs sont illustratives ; chaque machine a sa courbe. La note doit prouver que la puissance au point Tbase / température de départ couvre les déperditions, ou la part confiée à la PAC.

Point de bivalence et appoint

Le point de bivalence est la température extérieure à laquelle la puissance utile de la PAC égale les déperditions. En dessous, l'appoint électrique intégré (mono-énergétique) ou la chaudière conservée (PAC hybride) complète. Le choisir, c'est arbitrer entre coût de la machine et heures d'appoint.

  • Trop haut (PAC sous-dimensionnée) : l'appoint électrique tourne des semaines, la facture du client explose, et il vous dit que « la PAC ne chauffe pas ».
  • Trop bas (PAC surdimensionnée) : la machine cycle en mi-saison, l'usure du compresseur et les défauts de retour d'huile suivent ; l'AQC classe les cycles courts parmi les pathologies récurrentes des PAC air/eau.

La règle CEE d'une couverture entre 60 % et 130 % des déperditions borne la discussion. La note indique la température de bivalence ou d'arrêt, la puissance de l'appoint, et le fait qu'il est activé et paramétré à la mise en service. Un appoint coupé « pour économiser » est une cause classique de litige hivernal.

Indicateurs du rapport financier : puissance, production P50, TRI, VAN, temps de retour, taux d'autoconsommation et d'autoproduction
Les indicateurs du rapport financier : production P50, TRI, VAN, temps de retour, autoconsommation.

Loi d'eau et émetteurs

La loi d'eau relie la température extérieure à la température de départ ; elle se règle par deux points (départ à Tbase, départ en mi-saison) et sa pente dépend des émetteurs : 30 à 35 °C pour un plancher chauffant, 50 à 55 °C pour des radiateurs classiques, 60 °C ou plus pour des radiateurs anciens, hors domaine de la plupart des PAC standard.

Ce que les installateurs vérifient trop rarement : la puissance d'un radiateur baisse plus vite que l'écart de température. Selon la norme d'essai NF EN 442, elle varie comme ΔT à l'exposant n, voisin de 1,3 pour un radiateur courant. Un radiateur vendu 1 500 W à ΔT 50 K (régime 75/65 °C, ambiance 20 °C) ne fournit qu'environ :

Régime d'eau (départ/retour, ambiance 20 °C)ΔT moyenPuissance disponible (n = 1,3)
75 / 65 °C50 K100 % (1 500 W)
65 / 55 °C40 K≈ 75 % (1 120 W)
55 / 45 °C30 K≈ 51 % (770 W)
45 / 35 °C20 K≈ 30 % (450 W)

Faire passer des radiateurs de 70 °C à 50 °C divise donc leur puissance par deux. La note compare, pièce par pièce, la puissance des radiateurs au régime retenu avec les déperditions, et liste ceux à remplacer. Un devis qui garde tous les radiateurs avec une loi d'eau à 45 °C sans ce contrôle promet une maison froide.

Ballon tampon, hydraulique, ECS

Trois points conditionnent le fonctionnement réel :

  1. Débit minimal et volume d'eau. Chaque PAC exige un débit minimal au condenseur et un volume d'eau minimal, pour le dégivrage et contre les cycles courts. Si des vannes thermostatiques peuvent fermer une grande part des émetteurs, un ballon tampon ou un découplage est nécessaire ; les fabricants donnent souvent quelques dizaines de litres par kW ; le volume minimal est dans la notice du modèle retenu. Un plancher chauffant sans vannes de zone peut s'en passer.
  2. Sonde extérieure. Façade nord, à l'abri du soleil et des rejets de l'unité extérieure.
  3. ECS. Si la PAC produit l'eau chaude, la note ajoute la puissance ECS (le modèle CEE la sépare de la puissance chauffage), le volume du ballon (souvent 200 à 300 L pour 4 personnes), la consigne et le cycle anti-légionelle. Pendant la charge ECS, le chauffage s'interrompt : sur une maison à faible inertie, cela se voit.

Les erreurs qui font une PAC qui « ne chauffe pas »

ErreurEffet observéComment la note l'évite
Puissance lue à A7/W35Manque 30 % à −7 °CPuissance au point Tbase / départ retenu
Tbase optimiste, altitude ignoréeSous-dimensionnementSource de Tbase écrite, correction d'altitude
Radiateurs non vérifiésPièces froides à 45 °C de départTableau radiateur par radiateur au régime retenu
Loi d'eau trop basse « pour le COP »Froid par grand froidDeux points de loi d'eau notés, réglés à la mise en service
Appoint coupé ou non câbléAucune relève sous la bivalenceAppoint et point de bivalence écrits
Débit insuffisant, pas de tamponCycles courts, défauts dégivrageContrôle volume/débit minimal, ballon si nécessaire

Une note complète tient sur deux pages et se rédige en moins d'une heure quand le relevé est fait. Un logiciel métier qui enchaîne relevé, calcul, note et devis évite de ressaisir les mêmes surfaces trois fois ; Kaelo intègre ce parcours dans son offre Pompe à chaleur, comme d'autres outils de notre comparatif des logiciels installateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • La note de dimensionnement est une pièce obligatoire du dossier d'aide, remise au client ; ses champs sont fixés par les modèles CEE et l'Anah.
  • Déperditions des seules pièces desservies, sans les autres générateurs, à la température de base du site, source et altitude écrites.
  • Puissance de la PAC lue au point Tbase / température de départ, jamais la nominale à +7 °C.
  • Chaque radiateur vérifié au régime retenu : à ΔT 30 K, il donne environ la moitié de sa puissance catalogue.
  • Point de bivalence, appoint, loi d'eau, hydraulique et ECS écrits : ce sont les réglages qui tiennent la maison à −7 °C.

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Questions fréquentes

La méthode G×V×ΔT suffit-elle pour le dossier MaPrimeRénov' ?

Les modèles de note diffusés par les obligés CEE la proposent « à titre indicatif, sans que cette méthode soit exclusive ». Elle passe l'instruction du dossier si les champs obligatoires sont remplis. En revanche, si la PAC ne chauffe pas et que le litige arrive devant un expert, c'est un calcul pièce par pièce selon NF EN 12831 qui sera opposé au vôtre. Utilisez G×V×ΔT pour qualifier, NF EN 12831 pour dimensionner.

Faut-il dimensionner la PAC pour couvrir 100 % des déperditions à la température de base ?

Pas nécessairement. Une PAC mono-énergétique avec appoint électrique intégré peut être dimensionnée pour un point de bivalence de quelques degrés au-dessus de la température de base, l'appoint prenant le relais sur les quelques jours les plus froids. La règle CEE impose un taux de couverture entre 60 % et 130 % des déperditions. En dessous, l'appoint tourne trop ; au-dessus, la machine cycle et s'use.

Où trouver la température de base de la commune ?

Dans le tableau D.1a de l'annexe nationale NF P 52-612/CN de la NF EN 12831-1, qui donne une valeur par département ramenée au niveau de la mer, à corriger de l'altitude du site. La norme est payante. Les modèles de note CEE acceptent aussi la station Météo-France la plus proche. Notez la source retenue sur la note.

Sources